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Des résidents soutiennent être intimidés par leur maire

Il aurait menacé leurs patrons de ne plus acheter là s’ils ne les congédiaient pas

Jean-François Blondin
Photo courtoisie Jean-François Blondin, ici sur le parvis de l’hôtel de ville de Sainte-Agathe-des-Monts, était loin d’imaginer qu’en se présentant comme candidat à la mairie en 2017, il mettrait sa carrière en danger à cause de pressions sur ses employeurs.

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Un des citoyens en colère de gestes présumément posés par le maire de Sainte-Agathe-des-Monts envisage de poursuivre ce dernier.

« Il veut ma peau et il n’arrêtera pas tant qu’il ne l’aura pas », lâche Jean-François Blondin, ex-candidat à la mairie et aujourd’hui vendeur d’automobiles dans la petite municipalité des Laurentides.

Il affirme que le maire Denis Chalifoux a appelé son employeur, en décembre. Celui-ci est propriétaire du concessionnaire Alliance Ford. Il lui aurait signifié que ni la Ville ni les membres du conseil municipal n’achèteront de véhicules chez lui tant que M. Blondin travaillerait là.

Ce ne serait pas la première fois que le maire agit de la sorte. Trois personnes du milieu des affaires de Sainte-Agathe, dont deux souhaitent garder l’anonymat, disent avoir vécu des histoires similaires.

Un C.A. qui dérange

En 2015, à la suite d’une sortie publique de la Chambre de commerce de la Ville contre une décision du conseil municipal, les employeurs des membres du conseil d’administration auraient été appelés par le maire, soutiennent les trois citoyens.

« Après ça, plus personne n’osait rien dire au CA. C’est ce qui m’a fait sauter les plombs », fulmine Ghislain Valade, qui a quitté peu après la présidence de la Chambre de commerce.

Dans le cas de Jean-François Blondin, c’est la page Facebook intitulée « Ste-Agathe-des-Monts (non officiel) », dont il est administrateur, qui aurait provoqué la colère du maire Chalifoux.

Fragile face à la critique

Cette page, sur laquelle près de 4600 membres partagent des nouvelles locales, a relayé en décembre un reportage du journal L’Information du Nord. On y mentionnait un dépassement de coûts de 1,2 million $ lors de la construction de la nouvelle bibliothèque de la ville.

« M. Chalifoux a dit à mon employeur que je nuisais à Sainte-Agathe », déplore M. Blondin. Il dit évaluer ses recours juridiques contre le maire après avoir réclamé en vain une rencontre avec lui.

En entrevue, le propriétaire d’Alliance Ford, Normand McGrail, confirme les propos de son employé.

« Le maire m’a appelé chez moi durant une fin de semaine, alors qu’on ne se connaît pas personnellement. Pour moi, cet appel signifiait : “Congédie-le, si tu veux qu’on fasse des affaires avec toi” », soutient M. McGrail.

Interrogé sur cette conversation, M. Chalifoux nie vigoureusement.

« J’ai discuté avec M. McGrail et je lui ai dit que j’aimerais que son employé ait plus de réserve sur Facebook, mais je jure sur la Bible ne pas avoir demandé que M. Blondin soit congédié », soutient M. Chalifoux.

Autre menace

Ce dernier reconnaît pourtant s’être déjà adressé à un autre employeur de M. Blondin, en 2017, alors que les deux hommes luttaient pour la mairie. M. Chalifoux avait dit à Jacques Lauzon, directeur général de Toyota Sainte-Agathe, qu’il ne ferait plus d’affaires avec lui tant que M. Blondin travaillerait pour lui.

Peu après, M. Blondin était congédié, mais M. Lauzon affirme que ça n’a aucun lien avec la menace du maire.

« C’est certain que je n’encouragerai pas un concessionnaire qui emploie une personne qui passe son temps à me dénigrer », réplique M. Chalifoux, qui se dit lui-même victime d’intimidation de la part de ses « adversaires politiques ».