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Carambolage sur la 40: Un coroner avait averti Transports Québec

Un coroner avait proposé il y a 13 ans de planter des arbres à cet endroit pour limiter la poudrerie

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Le carambolage quasi historique d’hier sur l’autoroute 40 dans Lanaudière aurait pu être évité si les recommandations d’un coroner pour un événement similaire survenu au même endroit en 2006 avaient été appliquées.  

Un 17 février, il y a bientôt 13 ans, Sylvain Lafrenière, 41 ans, et sa fille Daphnée ­avaient perdu la vie dans ce qui est considéré comme le plus gros carambolage de l’histoire du Québec.     

 2006  

En 2006, pratiquement au même endroit qu’hier, deux personnes étaient mortes dans un carambolage qui avait incité un coroner à recommander au MTQ de planter des arbres en bordure des voies pour limiter les épisodes de blizzard.
Photo courtoisie
En 2006, pratiquement au même endroit qu’hier, deux personnes étaient mortes dans un carambolage qui avait incité un coroner à recommander au MTQ de planter des arbres en bordure des voies pour limiter les épisodes de blizzard.

En tout, 77 véhicules avaient été accidentés, faisant 33 blessés en plus des deux décès, dans cette collision survenue aussi en direction ouest à L’Assomption, juste après la halte routière.      

Lors de son enquête, le coroner René Duval avait conclu que « l’apparition d’un voile blanc, donnant l’impression aux automobilistes d’être enveloppés dans une lueur blanche uniforme » avait causé la perdition des personnes impliquées.      

 Hier, vers 11 h, près de 70 véhicules se sont percutés en série pratiquement au même endroit et dans des circonstances quasi identiques.     

Les paramédicaux en ont eu plein les bras à transporter la vingtaine de blessés dans les sorties de route et les collisions.
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Les paramédicaux en ont eu plein les bras à transporter la vingtaine de blessés dans les sorties de route et les collisions.

  

Mur blanc  

Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de végétaux du côté nord de l’autoroute 40, notamment à partir du kilomètre 116, pour empêcher le vent de faire lever la neige des champs.     

2019   

  •  C’est à cet endroit qu’un expert a suggéré il y a 13 ans de planter des arbres pour éviter que la poudrerie soudaine n’aveugle les automobilistes. Sa recommandation n’a pas été suivie, et un carambolage similaire s’est déroulé hier, sans décès cette fois-ci.   
Près de 70 véhicules ont été accidentés hier près du kilomètre 115,5 sur l’autoroute 40, à L’Assomption. Ils se sont heurtés en série, sur environ un kilomètre, en raison de la poudrerie causée par le vent.
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Près de 70 véhicules ont été accidentés hier près du kilomètre 115,5 sur l’autoroute 40, à L’Assomption. Ils se sont heurtés en série, sur environ un kilomètre, en raison de la poudrerie causée par le vent.

  

« Je crois que la présence d’arbres aurait réduit de façon importante le blizzard. Les témoins de l’accident ont tous la même version des faits. Dépassé la halte routière, ils se sont retrouvés devant un gigantesque mur blanc de neige », avait expliqué Me Duval au Journal à l’époque.      

D’ailleurs, avant le point névralgique, des arbres étaient présents et la visibilité était considérée comme « passable ».      

René Duval avait recommandé au ministère des Transports (MTQ) de corriger la situation au plus vite en boisant le secteur du carambolage sur au moins 500 mètres.      

 Manifestement, il n’a pas été écouté.      

 

  

Il le savait  

Ce tronçon est toujours bien connu pour être le théâtre d’accidents lors de tempête.      

« C’est clair que ça pourrait se reproduire, soutient Michel Doré, directeur du Service des incendies de L’Assomption. [Hier] matin, je le savais de la maison, quand le vent s’est levé, qu’on serait appelés. »      

L’officier, qui était aussi présent en 2006, considère devoir intervenir au moins une fois par année à cet endroit pour des carambolages. Mais ils ont rarement cette ampleur.      

« En 2006, les véhicules s’étaient empilés les uns sur les autres. Là, c’était vraiment éparpillé sur un kilomètre environ », poursuit M. Doré en ajoutant qu’il n’y a pas eu de désincarcération cette fois-ci.      

Une porte-parole du MTQ a affirmé au Journal devoir faire des recherches avant de répondre à nos questions sur le sujet.      

Une centaine de véhicules ont été coincés       

Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Le carambolage monstre d’hier matin sur l’autoroute 40 à L’Assomption a été provoqué par un blizzard soudain qui a aveuglé les automobilistes pris au piège dans un enfer blanc.      

« C’était terrifiant. On entendait le bang, bang, bang des autos qui se frappaient aux deux secondes. C’était comme l’apocalypse », illustre Patrick Casault, qui s’en allait au Salon de l’auto avec sa conjointe et sa fille de 12 ans.       

En tout, environ 150 véhicules ont été impliqués, dont près de 70 ont été accidentés lors d’une série de collisions près du kilomètre 116 en direction de Mont­réal.      

Une vingtaine de personnes ont été blessées, mais aucune gravement, selon les autorités.      

« La visibilité était absolument nulle. On roulait peut-être à 80 km/h au maximum », ajoute M. Casault, qui était à l’avant du jeu de quilles géant quand la catastrophe est survenue vers 11 h.      

Après s’être immobilisé en se faufilant entre les voitures qui sortaient de route, il a porté assistance aux blessés, dont une femme enceinte.      

On ne voit rien  

« Il y a eu une grosse poudrerie à la hauteur du champ, raconte aussi Michel Poissant. On ne voyait absolument rien devant nous, juste en passant la halte routière. »      

Habitué de circuler dans le secteur, il déplorait justement qu’il n’y ait pas d’arbres pour empêcher la neige de se rendre à l’autoroute.      

Plusieurs témoins ont rapporté au Journal que la chaussée était glacée à cet endroit, sans abrasif visible. Au point où des automobilistes coincés ont même improvisé une partie de hockey sur la patinoire qu’étaient devenues les voies.      

Fermé cinq heures  

L’autoroute est demeurée fermée à la circulation pendant environ cinq heures pour récupérer les véhicules qui jonchaient les fossés.      

Des autobus avaient été dépêchés pour héberger les personnes restées prises, qui ont ensuite pu trouver refuge au centre communautaire.      

Les soudaines rafales ont aussi eu des conséquences ailleurs. Sur l’autoroute 640 à Bois-des-Filion, 17 voitures se sont trouvées impliquées dans un autre carambolage quelques minutes auparavant.