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Verdict cruel pour une mère qui veut voir son bébé grandir

Un cancer incurable ronge la femme de 27 ans qui a accouché il y a à peine un an

Verdict cruel pour une mère qui veut voir son bébé grandir
Photo Jonathan Tremblay

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Une jeune mère de la Montérégie diagnostiquée d’un cancer incurable quelques semaines avant son accouchement ne désire plus qu’une chose de la vie: avoir le plus de temps possible auprès de son bébé.  

« Le plus difficile, c’est de l’imaginer grandir sans moi. Je veux le voir diplômé en 5e secondaire. Je veux juste acheter du temps avec lui », soupire Caroline Auger, 27 ans.  

Son souhait ne s’avérera pas si simple.  

Le père Jonathan Lanthier et Caroline Auger amusaient leur petit Lukas, dimanche après-midi, dans le salon de la maison des grands-parents maternels.
Photo Jonathan Tremblay
Le père Jonathan Lanthier et Caroline Auger amusaient leur petit Lukas, dimanche après-midi, dans le salon de la maison des grands-parents maternels.

Le cancer du col de l’utérus qu’on lui a diagnostiqué en septembre 2017, à 32 semaines de grossesse, est incurable. Une métastase agressive a récemment été trouvée sur son poumon. La nouvelle est tombée lundi.  

Quelques semaines ? Quelques mois ? Elle n’en sait rien. Les spécialistes ne s’avancent pas sur son espérance de vie.  

« On m’a dit qu’il n’y avait plus rien à faire, ici », admet-elle, jonglant entre l’espoir et le pire, qu’elle doit désormais envisager.  

Sa seule option est qu’on lui retire la masse, au Québec, pour ensuite suivre d’autres traitements onéreux, aux États-Unis.  

Un début parfait  

Le jeune couple de Châteauguay s’est connu il y a quatre ans, au hockey.  

Il voulait s’acheter une nouvelle maison, plus grande, pour y mettre ses nombreux enfants. Les plans ont changé après Lukas.  

Une photo du couple avec son chien Happy, moins d’un mois avant le diagnostic.
Photo tirée de Facebook
Une photo du couple avec son chien Happy, moins d’un mois avant le diagnostic.

Ils éclatent en sanglots en pensant à la vie qu’ils auraient pu mener.  

La grossesse tant désirée des amoureux est survenue longtemps après la première tentative. Au moment même où ils songeaient à se tourner vers l’adoption.  

« Mais j’ai demandé qu’on essaie un mois de plus », dit son conjoint Jonathan Lanthier, rongé par la culpabilité en pensant que la grossesse a pu stimuler le mal.  

Selon les experts, la maternité de Caroline a effectivement pu déclencher la maladie. Et ça, le jeune père de 29 ans ne cache pas qu’il peine à l’accepter.  

« Tu ne veux jamais faire du mal à la personne que tu aimes le plus », souffle-t-il. Caroline ne lui en veut pas.  

Caroline, elle n’a aucun regret. « Mon bébé, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée », dit-elle.  

Pour bébé  

Durant le témoignage, on entend au loin le petit Lukas pleurer, de son lit de bébé. Le couple baisse les yeux, silencieux.  

Verdict cruel pour une mère qui veut voir son bébé grandir
Photo Jonathan Tremblay

« Il n’est pas capable de s’endormir, quand ce n’est pas maman, dit l’éducatrice en garderie. La maladie l’a rendu anxieux. »  

Bien entourée, Caroline Auger continue à se battre. Elle veut que son petit bonhomme de 15 mois sache que « sa mère s’est battue jusqu’à la fin, et qu’elle l’aime », si le cancer venait à l’emporter.  

Déjà 40 000 $ amassés pour gagner du temps  

Caroline Auger profite d’un moment de repos avec son bébé durant une hospitalisation, en décembre.
Photo tirée de Facebook
Caroline Auger profite d’un moment de repos avec son bébé durant une hospitalisation, en décembre.

La mère de 27 ans déteste l’idée de vivre sur l’argent des autres.  

Mais comme elle a dû cesser de travailler en raison de sa grossesse et de sa maladie, et qu’elle n’a d’autres sources de revenus, aucun choix ne s’offre à elle.  

Le couple peine à joindre les deux bouts pour subvenir aux besoins de Lukas et de Caroline, qui requiert son lot de médicaments.  

À leur plein potentiel, les parents atteignaient les 65 000 $ de revenus par année. Pour l’instant, ils ne vivent qu’avec la moitié de cela, avec une hypothèque à payer. Depuis samedi, la page de sociofinancement Gofundme que Caroline Auger a créée pour amasser des fonds dépasse 40 000 $.  

C’est en plus des gens qui préfèrent lui faire parvenir des dons par Interac.  

Besoin de 175 000 $  

Déjà plus de 1200 personnes ont été touchées par leur histoire.  

L’objectif de la petite famille de Châteauguay est d’amasser 175 000 $ pour assumer les coûts des traitements d'immunothérapie que la mère aimerait recevoir, aux États-Unis.  

Car son cas ne répondrait pas aux critères pour qu’on la soigne gratuitement ici. Elle doit donc rassembler les 150 000 $ qui couvriraient les frais pour de trois à douze mois.  

« Je ne suis pas prête à mourir ; à abandonner mon fils. Ces traitements pourraient potentiellement me donner des années à vivre », dit Caroline Auger, optimiste.  

« Ça me permet d’y croire et de garder espoir. Si l’argent ne va pas pour mes traitements, parce que je ne suis plus là, je veux que ça aille à Lukas », ajoute-t-elle.  

Le couple n’ose pas penser à l’épreuve difficile que serait le décès de la maman. Ils font tout en leur possible pour gagner du temps.

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