/portemonnaie/job
Navigation

Ils sont payés pour faire le tour du monde

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

*Ce texte a été publié initialement en janvier 2019*

Il y a 3 ans, Alex Normand et Marie-Josée Lalande ont quitté les plateaux de télé où ils travaillaient pour se lancer dans la production de vidéo. Aujourd’hui, les nomades numériques derrière Alex & MJ-On the GO réussissent à vivre de leurs services de vidéastes en parcourant le monde la majeure partie de l'année.

Le déclic s’est fait dans l’esprit d’Alex, animateur d’une émission de télévision à Toronto à l’époque. «J’étais tanné de la routine. J’ai donc approché MJ, qui était assistante-réalisatrice et une voyageuse aguerrie, avec l’idée de partir une chaîne de vidéos de voyage». 

Le duo à l'aube de la trentaine n’avait cependant aucune intention de faire de l’argent avec ce projet au départ. «On voulait seulement vivre un trip et voir où ça allait nous mener».

Les vidéastes ont travaillé fort sur leurs projets personnels pendant près de deux ans avant de percevoir un revenu avec leur plateforme. 

Pour assurer une certaine liquidité pendant cette période, le couple a développé une entente de production de contenus avec leur ancien employeur TFO et le canal Évasion. 

La chaîne de télévision franco-ontarienne a engagé le duo afin qu'il produise des capsules pour leur émission jeunesse FlipTFO tandis qu'Évasion les payait à la pièce pour des reportages de voyage. «Ça nous a permis d'avoir un salaire récurrent pendant un bout et de nous backer», explique Marie-Josée.  

 «Vloggueurs», infuenceurs, vidéastes et formateurs 

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Les natifs d’Ottawa et Gatineau ont développé plusieurs types de «produits» à travers les années pour s'assurer une rentrée d'argent. L’an dernier, ils ont lancé Filmmakers On the Go, une formation en ligne en qui offre à ses membres des cours en réalisation, montage et autres conseils pour peaufiner leurs techniques de vidéastes. 

En plus de cette formation payante, qui attire de nouveaux fidèles chaque semaine, Alex et Marie-Josée comptent sur la création de vidéos corporatives pendant leurs quelques mois en sol canadien pour renflouer leurs coffres. «On a réalisé environ une cinquantaine de vidéos pour des clients de tous les horizons, de la pâtissière de gâteaux artisanaux à l'agent immobilier depuis qu'on s'est lancé en affaires», explique Alex.  

Lors de son passage au pays, le couple en profite également pour participer à des conférences dans des écoles ou des évènements sur le voyage pour gagner un léger surplus d'argent. 

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Le restant de l'année, Alex et Marie-Josée voyagent autour de la planète. «On choisit nos destinations selon trois critères: un coût de la vie moins élevé qu'ici, une bonne connexion internet pour continuer de travailler et quelque part où je ne suis jamais allée», confie en riant Marie-Josée, qui a plus de 50 destinations différentes derrière la cravate. 

En voyage, le couple développe des partenariats d'«échange de services» avec des compagnies locales. «On contacte des entreprises qui nous intéressent en leur proposant de réaliser une ou des vidéos pour leur compagnie gratuitement en échange de leurs services. Par exemple: on a pu voyager pendant 30 jours avec une compagnie de voyage organisé en Afrique en échange de 7 vlogues de voyage», relate Alex. 

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Ils ont pu retenter ce modèle d'échange de services avec une cinquantaine de compagnies à travers le monde, de la Nouvelle-Zélande à l'Indonésie, et ainsi vivre des expériences uniques sans payer un sou.  

Récemment, Alex et Marie-Josée se sont lancé le défi de réaliser une vidéo par jour pendant une année sur leurs réseaux sociaux afin d'aborder des sujets relatifs à leur style de vie. «On ne fait pas vraiment d'argent avec ça. C'est principalement pour mousser l'engagement de notre communauté et garnir notre portfolio», confesse Alex.  

La voie du nomadisme numérique: une décision réfléchie 

Explorer de nouvelles destinations tout en travaillant peut sembler alléchant, mais il faut être conscient des réalités de la chose selon Alex et Marie-Josée. 

«Être nomade numérique, ça veut dire aimer voyager, être son propre patron et avoir un horaire flexible sans trop de routine. Mais ça implique aussi de travailler très fort constamment sans pour autant avoir une grande rentrée d’argent dès le départ», selon Alex. 

Dans une vidéo sur Facebook, le couple a révélé travailler 10 à 12 heures par jour 7 jours sur 7. «La dernière fois qu'on a pris une journée off, c'était à Noël», avoue Marie-Josée.  

«On se sent loin de la famille et des amis par moment aussi. La vie continue pour tout le monde et lorsqu’on revient, on est parfois décalé de nos proches puisqu’on n'est plus dans leur quotidien». 

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Alex conseille également à quiconque souhaitant adopter ce mode de vie d’avoir un «petit coussin financier» pour «faciliter la transition vers cet univers». 

«Quand on est partis au début, on avait 6000 $ chaque pour notre tour du globe. Les gens pensent souvent qu’il faut 30 000 $ ou 40 000 $ de côté pour faire ça, mais si on voyage intelligemment, on peut y arriver sans trop dépenser». 

Dans la même veine, Marie-Josée propose de choisir judicieusement ses destinations en fonction de ses capacités financières. «Oui un billet pour l’Asie ou l’Amérique latine coûte cher, mais le coût de la vie rendu là-bas représente des peanuts si on le compare aux pays occidentaux», rajoute Alex. 

D’ailleurs, le couple veut démystifier le fait que vivre à l’étranger est nécessairement plus dispendieux. «On prend le temps de s’installer longtemps à des endroits où le coût de la vie est moins cher. Par exemple: en louant une villa pendant un mois à Bali, on a droit à un taux forfaitaire que l’on n’aurait pas si on restait seulement une semaine», précise Marie-Josée. «Aussi, en ayant notre chez nous, on peut cuisiner et sauver de l’argent sur les restos».  

«Quand on est ici, on dépense beaucoup dans les logements, puisque nous n’avons pas encore de domicile fixe, et dans les sorties avec nos proches. À Bali, on déboursait 1550 $ par mois toutes dépenses incluses pour les deux. C’est sûr qu’on ne faisait pas d’excès, mais on réussissait à très bien vivre avec ce budget-là tout de même», spécifie Alex. 

Ils sont payés pour faire le tour du monde
Courtoisie

Est-ce que le couple compte poser bagages quelque part une bonne fois pour toutes? C’est une question qui demeure assez nébuleuse. À l’heure actuelle, Alex et Marie-Josée visent un retour sur le continent africain sans penser trop loin en avant. «Si on aime ça, on go with the flow. On n'est pas vraiment du genre à prévoir l’avenir», lance Alex. 

Vous pouvez suivre leurs aventures sur leur page Facebook, Instagram ou leur chaîne YouTube

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux