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Fin de Téo Taxi: Alexandre Taillefer estime avoir perdu 1,5 M$

Taxi
Photo Christopher Nardi / JdeM

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L’homme d’affaires Alexandre Taillefer a estimé avoir perdu 1,5 million de dollars dans la faillite de Téo Taxi, dont il assume l’entière responsabilité.   

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«J’ai mis non seulement de l’argent, mais, comme on a été obligé d’en mettre plus que ce à quoi je m’attendais, j’ai eu des problèmes de liquidités. Mon REER y est passé entièrement, a soutenu l’entrepreneur au micro de Benoît Dutrizac. Vous savez, un entrepreneur, ça n’a pas de fonds de pension. Aujourd’hui, non seulement je n’ai pas de fonds de pension, mais je n’ai plus de REER.»   

  

  

Le Journal révélait pourtant aujourd'hui que l’ex-dragon n’avait payé lui-même qu’une fraction de la facture de ce coûteux projet. En comptant les investissements en capital-actions, les subventions et les prêts, les institutions publiques ou quasi publiques auraient investi depuis 2015 entre 50 et 60 millions de dollars dans Taxelco, la société mère de Téo Taxi.  

La Caisse de dépôt et placement (15 M$) et le Fonds de solidarité FTQ (12 M$) comptent parmi les principaux investisseurs. 

Entière responsabilité

En direct sur QUB radio, M. Taillefer a dit prendre l’entière responsabilité de la déconfiture de l’entreprise. «On a eu des enjeux importants. Je prends l’entière responsabilité des enjeux opérationnels. Il y a des choses qu’on a faites, qu’on n’aurait pas dû faire, il y a des décisions qu’on a prises, qu’on n’aurait pas dû prendre.»    

«C’est un constat extrêmement dur qui n’est pas simple à absorber. C’est un échec professionnel important que j’assume entièrement», a déclaré l’ex-dragon en entrevue à Dutrizac de 6 à 9.  

Alexandre Taillefer s’est défendu d’avoir voulu se cacher mardi, lui qui n’a pas assisté au point de presse où l'on annonçait la fermeture de Téo Taxi.  

«C’était très clair qu’hier, l’entreprise devait prendre l’avant-scène. Si j’avais été à la conférence de presse, tout ce qu’on aurait fait, c’est de mettre l’emphase sur moi, alors qu’il y a 450 personnes qui ont perdu leur emploi et que l’entreprise avait des messages importants à passer.»   

L’homme d’affaires a également tenu à s’excuser auprès des chauffeurs licenciés. «Je m’excuse profondément pour la perte de leurs emplois», a-t-il déclaré.     

Alexandre Taillefer a dit qu'il avait voulu, en lançant Téo Taxi, s'attaquer aux conditions de travail des chauffeurs qui vivent en deçà des normes établies par la Commission des normes du travail et qui n’ont aucun filet social.    

«C’est ce à quoi on voulait s’attaquer. Moi, en tant que progressiste, je pense que, dans une société, on a besoin d’un équilibre entre les moins nantis et les mieux nantis, a-t-il exposé. Il faut revoir comment ont fait le capitalisme. J’ai essayé de le faire et j’ai échoué. Et c’est ce qui me fait le plus mal au cœur.»   

Par ailleurs, malgré la déconfiture de Téo Taxi, l'homme d'affaires considère qu'il est primordial «de soutenir les entreprises qui ont de l’ambition», sans quoi «on va devenir un peuple de locataires avec des Américains qui vont venir ici et qui vont essentiellement sortir la richesse de notre pays». 

Téo Taxi et le PLQ

Alexandre Taillefer a assuré que son affiliation avec le Parti libéral du Québec n’a joué aucun rôle dans l’aventure Téo Taxi.    

«Je pense qu’il y a beaucoup d’amalgames. La réalité est que la subvention a été octroyée il y a quatre ans. On est allés voir le gouvernement avec un projet extrêmement ambitieux, dans un contexte où l’industrie se cherchait un sauveur», a-t-il expliqué.    

«Il y a quatre ans, je n’avais aucune relation politique avec le gouvernement. C’est par la suite. J’ai été nommé président de la campagne en juin 2018, on parle de trois ans après le lancement officiel de Téo. Il n’y a pas de lien entre les deux.»