/news/politics
Navigation

Fin de Téo Taxi: Manon Massé propose de récupérer les actifs

Manon Massé
Photo d'archives, Simon Clark Manon Massé

Coup d'oeil sur cet article

La porte-parole solidaire Manon Massé suggère que l’État québécois reprenne les voitures et les bornes de recharge de Téo Taxi, largement subventionnées par des fonds publics.

Ces actifs permettraient de donner un coup de pouce au Québec, qui «doit rapidement se mettre en mode électrification», estime Manon Massé. «Je pense que, malgré tout, Téo Taxi a développé une certaine expertise, et ce serait vraiment plate, [avec] l’argent qu’on a mis dedans, qu’on n’en bénéficie pas collectivement», a-t-elle affirmé aujourd'hui, à son arrivée à l’Assemblée nationale pour le caucus présessionnel de Québec solidaire.

Elle doute toutefois qu'une clause de ce type ait été prévue au moment d’aider l’entreprise.

Quelque 60 millions de dollars en fonds publics ont été investis dans Téo Taxi et ses filiales au cours des dernières années. L’homme d’affaires Alexandre Taillefer, qui dirige le fonds XPND Croissance, propriétaire de l’entreprise, estime pour sa part avoir perdu 1,5 million de dollars dans la faillite de Téo Taxi.

La proposition de Manon Massé rejoint en partie celle d’Alexandre Taillefer, qui, dans une lettre ouverte parue aujourd'hui, propose qu’Hydro-Québec reprenne les bornes électriques de son entreprise, mais pas les voitures.

Balises réclamées

Manon Massé s’est désolée de voir la fermeture d’une entreprise de taxi qui misait sur des voitures électriques et qui offrait un salaire de 15 $ de l’heure à ses employés.

Toutefois, Québec aurait dû inclure certaines «balises» en échange de son aide financière, estime la porte-parole solidaire. «Du jour au lendemain, plus de 400 employés se retrouvent sur la sellette, dit-elle. Ce sont des familles, ce sont des gens. Comme se fait-il qu’on accepte ça, alors qu’on a investi largement là-dedans?»

De plus, les gouvernements libéral et caquiste ont laissé Uber «cannibaliser» l’industrie du taxi, ajoute-t-elle.

Conflit d’intérêts

La porte-parole de QS en matière de transports, Ruba Ghazal, se questionne quant à elle sur les motivations qui ont poussé le gouvernement libéral à investir dans Téo Taxi, alors qu’Alexandre Taillefer a par la suite présidé la campagne électorale du PLQ. «Il y a vraiment une apparence de conflit d’intérêts», estime-t-elle.

De façon plus générale, elle affirme que l’apport de fonds publics a beaucoup été motivé par «la personnalité de M. Taillefer, sa crédibilité, le fait que c’est quand même une vedette du monde des affaires, et non [par] des faits».

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.