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La tentation de la Révolution

Le NPD s’est dissocié du gouvernement canadien qui veut faire sauter le président Maduro. Étonnant.

Parlement Ottawa
Photo Sarah Bélisle Jagmeet Singh

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Les partis de gauche se plaignent parfois d’être injustement traités d’extrémistes. Mais il survient des moments où le jupon dépasse dangereusement. Des occasions où le public doit être mis au courant du véritable visage d’une formation politique.

Au cours des derniers jours, j’ai été estomaqué de voir le NPD se dissocier de la position du gouvernement canadien quant à l’avenir du Venezuela. Au moment où Juan Guiado a réussi à réunir les forces d’opposition pour tasser du pouvoir Nicolas Maduro, le NPD se dissocie de l’appui que lui donne le Canada.

Malgré le résultat des élections et bien que ce soit le soutien de l’armée qui permet au socialiste Maduro de s’accrocher au pouvoir, le NPD semble prêt à le voir rester en poste.

Les néo-démocrates n’osent pas offrir directement leur soutien à Maduro, dont les soldats ont tiré sur la foule. Mais leur approche favoriserait le maintien de son régime.

Le grand Rêve

Ah ! Maduro, le successeur d’Hugo Chavez. Celui auquel les gens de gauche se sont identifiés comme le nouveau Che Guevara. La Révolution ! Le socialisme de retour en force en Amérique latine ! C’est sans doute dans la suite de cet élan qu’on n’ose pas aujourd’hui condamner Maduro et lui montrer la porte.

Pourtant la période Chavez/Maduro fut une véritable catastrophe pour le Venezuela. Une inimaginable perte de liberté pour des millions de citoyens. La fin d’une industrie touristique qui commençait à rapporter des fruits.

Évidemment, rien ne fut pire que l’appauvrissement terrible de la population. La décroissance économique a atteint des taux de 17 % par année. La pauvreté dans le pays fut telle qu’on a mesuré une perte de poids considérable des citoyens. La pauvreté au point de ne plus avoir à manger ! Tout ça sous le discours du progrès social et de l’égalité.

Depuis des lustres, le militantisme intense de gauche semble vivre avec le rêve qu’un jour la Grande Révolution va se produire et qu’un modèle collectiviste va générer l’égalité sociale tant espérée. Dans les faits, les régimes dits communistes ou marxistes ou les équivalents ont donné lieu à des tragédies humaines.

L’horreur comme résultat

La révolution russe ? De 15 à 20 millions de morts sous Staline. La révolution culturelle en Chine ? De 40 à 80 millions de morts sous Mao. De la pauvreté, une obligation de faire taire de force les opposants au régime, des mécanismes pour priver la population d’information sur ce qui se passe ailleurs, voilà ce qu’on a obtenu.

Hugo Chavez et son successeur Maduro allaient-ils enfin réussir au Venezuela la révolution tant attendue ? Faire échec au vilain capitalisme et implanter ce fameux régime d’égalité tant rêvé ? Vous voyez le gâchis.

Le capitalisme a des défauts, mais il demeure le seul gage de liberté et de prospérité. Nos partis de gauche, incluant le NPD, devraient le redire à haute voix.

Ah ! J’oubliais, la fille d’Hugo Chavez est devenue la femme la plus riche du pays pendant son mandat voué à l’égalitarisme.