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Place au snowbike!

Snowbike aux X-Games
Photo courtoisie, Bailey Motorsports Le franco-ontarien Yanick Boucher a fait le saut en snowcross sur motocross des neiges (bikecross) il y a deux ans, alors que les jeux hivernaux de sports extrêmes X-Games ont remplacé l’épreuve de motoneige.

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Introduits en 2017 à l’édition hivernale des X-Games, les snowbikes, ou motocross des neiges, ont pris d’assaut la compétition de sports extrêmes la plus prestigieuse au monde. De retour des X-Games 2019 à Aspen, Colorado, Yanick Boucher, coureur de snowbike franco-ontarien, nous présente la discipline.

À quatre ans, Yanick Boucher faisait des tours de quatre-roue et de motoneige avec son père dans les champs derrière la maison familiale de Hearst, une communauté franco-ontarienne du nord de l’Ontario, six heures à l’ouest de Val-d’Or.

Dès 14 ans, le jeune athlète était des lignes de départ de ses premières compétitions de motocross et de motoneige, veillant à manier sa monture à toute vitesse à travers les autres concurrents, tour après tour, sur un parcours incluant des sauts et des virages à répétition. Il évoluait sur les circuits canadiens dans les deux disciplines.

Fini la motoneige vive le snowbike

Puis, les X-Games, la plus importante compétition de sports extrêmes, ont annoncé qu’ils allaient retirer de leur calendrier les épreuves de course en motoneige, en faveur des nouveaux snowbikes – ni plus ni moins des motocross convertis pour performer dans des conditions hivernales par la substitution de la roue avant par un ski, la roue arrière par une chenille.

« J’ai suivi la transition ; l’équipe de Bailey Motosports de Concord, Ontario, m’a recruté dès la première année », raconte Yanick Boucher.

Son bagage comme coureur de motocross et de motoneige expérimenté était idéal.

« Le snowbike, c’est un mix de la motoneige et de la motocross : il faut comprendre les conditions de neige, qui se détériorent très rapidement tour après tour, et maîtriser les techniques de conduite du motocross, une machine beaucoup plus instable qu’une motoneige », explique l’athlète de 23 ans.

L’équilibre qui en résulte est parfois précaire. Yanick Boucher y a goûté cette année aux X-Games, chutant au premier virage des finales.

« Un concurrent m’a accroché au tournant, puis un autre est entré en collision avec mon snowbike, l’endommageant à un tel point que je n’ai pas pu finir la course », raconte le coureur.

« C’est le genre de chose qui arrive », précise-t-il, déçu. L’athlète s’était classé 9e à l’édition précédente des Jeux extrêmes. Il présentait une excellente forme pour performer cette année.

Un sport en pleine évolution

« Il ne faut pas juste être un peu cowboy pour faire du snowbike, explique Yanick Boucher. Je travaille avec un entraîneur pour améliorer ma force et mon endurance musculaire afin de manier mon vélo de 300 lb jusqu’au dernier tour, sans me fatiguer malgré la détérioration des conditions neigeuses. »

À ces entraînements en salle s’ajoutent des pratiques sur piste pour développer une technique imbattable, ainsi qu’une préparation mentale pour enlever toute hésitation stratégique qui ralentirait sa cadence sur le parcours. Tout est aussi à apprendre, le jeune sport – et ses machines – étant en constante évolution.

« Par rapport à l’année dernière seulement, les différences sont énormes en termes d’habiletés et d’équipements : tout s’améliore vers la performance, et il faut être capable de suivre », dit le coureur.

Ça va plus vite ? Certainement, mais comme les snowbikes ne sont pas armés d’indicateur de vitesse, impossible de savoir à quel point.

« Il faut juste aller plus vite – le premier a rentré ses tours et a accumulé le plus de points », dit Yanick Boucher.

De retour au pays, la compétition la plus relevée de l’année derrière lui, Yanick est prêt à s’attaquer aux autres épreuves du Canadian Snowcross Racing Association (CSRA). Prochain arrêt ? Valcourt, Québec, le 8 février.

Comme coureur de snowbike, Yanick Boucher est pour l’instant en première position de la série de sept épreuves du Championnat canadien 2019 de la CSRA.

Et les figures ?

Snowbike aux X-Games
Photo courtoisie, Bailey Motorsports

Les X-Games ont conservé l’épreuve de freestyle en motoneige, tout en ajoutant une compétition de figures (tricks) en snowbike. Le Canadien Brett Turcotte s’est classé 2e dans ces deux épreuves aux jeux hivernaux X-Games, la semaine dernière. Il est compétitif sur le circuit des jeux extrêmes depuis plus de dix ans.

« Une fois le choc de la nouvelle des X-Games digéré, la transition entre la motoneige et le snowbike n’a pas été trop éprouvante — peut-être parce que j’avais déjà coursé en motocross dans mon adolescence et que les deux engins ne sont pas si différents, au bout du compte, dit Brett Turcotte. L’adaptation a surtout été mentale : il me fallait maintenant atterrir de mes figures sur un seul ski (et sur une chenille plus étroite). »

Brett Turcotte a été le premier athlète au monde à faire un backflip sur un snowbike, en février 2016, quelques semaines à peine après avoir monté en selle sur sa nouvelle machine.

Au-delà du défi supplémentaire de l’atterrissage, la technique d’exécution des figures entre la motoneige et le snowbike est très semblable. Par chance ! « S’entraîner en freestyle demande énormément de travail. Au moins, mes acquis se transfèrent bien d’un sport à l’autre », résume Brett Turcotte.