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Téo Taxi et le mot magique

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Ainsi, les propriétaires de Téo Taxi ont tiré la plogue (c’est le cas de le dire) sur leur entreprise.

Fatigués de voir leur compagnie sur le respirateur artificiel, et se retrouvant Gros-Jean comme devant depuis la défaite cuisante des libéraux (qui ne pouvaient rien refuser à Alexandre), ils ont décidé de jeter l’éponge, de ne plus s’acharner et de laisser la dure loi du marché suivre son cours.

ABRACADABRA

Ce qui nous amène à la question quiz de la semaine : pourquoi nos institutions ont-elles décidé d’injecter autant d’argent dans une entreprise qui avait un modèle d’affaires aussi bancal et qui changeait de PDG au même rythme que Céline Dion change de style ?

Parce qu’Alexandre Taillefer les a hypnotisées avec un mot magique : électrique. Pensez-vous que les libéraux auraient investi autant d’argent dans une entreprise de taxi qui roulait à l’essence ? Non. Ils ont tenu Téo Taxi à bout de bras pour deux raisons. Parce que ça leur donnait une image verte (parfait pour séduire les 18-34 ans). Et parce que ça leur permettait de nous enfoncer leur credo électrique dans la gorge. En d’autres mots : la décision d’injecter des millions de dollars en fonds publics dans Téo Taxi n’était pas une décision économique, mais une décision politique. Je dirais même : idéologique. Ils se sont dit : « Ça coûtera ce que ça coûtera, l’important n’est pas ce que ça va nous rapporter financièrement (on s’en fout), mais ce que ça va nous rapporter politiquement. »

SÉSAME, OUVRE-TOI !

Des mots magiques, il en circule beaucoup, ces temps-ci, dans les officines du pouvoir. Prenez le merveilleux monde de la culture. Vous voulez que les gouvernements fédéral et provincial subventionnent votre prochaine œuvre ? Dites qu’elle traitera du racisme et du vivre-ensemble.

Il va pleuvoir du fric. Qu’importe si c’est une sculpture, une vidéo d’art ou un livre à colorier. Vous pourriez même proposer d’exposer un pot de margarine et une livre de beurre dans la vitrine d’un musée, si c’est pour « encourager le vivre-ensemble », nos institutions vont délier le cordon de leur bourse.

Si, en plus, vous pouvez mettre un autochtone là-dedans, attaboy. Dans le milieu économique, un autre mot à la mode est « région ». « Ça va créer des emplois en région. » Qu’importe si l’entreprise en question est une cimenterie hyper polluante, si l’industrie du ciment tire le diable par la queue depuis des années, et si ça coûte moins cher d’envoyer un gros chèque à chaque habitant de ladite région au lieu de subventionner des emplois bidon. « Ça va créer des emplois en région ? Tenez, voilà votre chèque ! »

AIDER LES AMIS

Je suis peut-être naïf, mais j’ai toujours cru que le gouvernement, quand il investit dans telle ou telle entreprise, devrait tout d’abord penser au rendement. Qu’est-ce que ça va nous rapporter ? Et sommes-nous en train d’aider une entreprise qui a de l’avenir et qui va nous aider à percer de nouveaux marchés ? Eh bien, non.

Le gouvernement investit parce que c’est bon pour son image et parce qu’un chum, c’est un chum.

Et qui paie la note ? Vous et moi.