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Au cœur des Balkans (5)

Joseph Facal et sa fille devant la bibliothèque nationale du Kosovo, à Pristina.
Photo courtoisie Joseph Facal et sa fille devant la bibliothèque nationale du Kosovo, à Pristina.

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Connaissez-vous le Kosovo, né en 2008, le deuxième pays le plus récent au monde après le Soudan du Sud ? Ma fille et moi y sommes allés.

Je recule un instant pour mieux sauter. Nous partons de l’Albanie en direction de Skopje, capitale de la Macédoine.

Le centre-ville de Skopje est rempli de statues et d’édifices avec des colonnes grecques. Deux jours suffisent pour le visiter.

« C’est un mini-Moscou », me dit un Philippin rencontré par hasard. Mais je n’ai vu que des photos de Moscou.

Chicane

Il y a une très grosse chicane entre la Macédoine et son voisin du sud, la Grèce.

Historiquement, le mot « Macédoine » désigne un territoire qui chevauche la Grèce et le nouveau pays nommé Macédoine.

Depuis que la Macédoine, qui faisait jadis partie de la Yougoslavie, est devenue un pays indépendant, en 1991, la Grèce est ulcérée que son voisin se soit approprié ce nom et des symboles auxquels les Grecs sont très attachés.

En effet, Alexandre le Grand est aussi omniprésent à Skopje que Mozart l’est à Vienne.

Nous sommes arrivés le jour où le Parlement macédonien votait pour changer le nom de son pays, qui s’appellera désormais « République de Macédoine du Nord ».

Un pays qui change de nom pour régler une chicane de voisins, avouez que c’est spécial !

À Skopje, il y a des excursions d’un jour pour Pristina, capitale du Kosovo, à 90 kilomètres au nord.

Le Kosovo était une province à majorité albanaise de la Serbie. Les Kosovars ont fait la guerre pour avoir leur pays, aujourd’hui reconnu par 116 États.

Mais la Serbie ne reconnaît pas la souveraineté du Kosovo. Sur les cartes officielles serbes, le Kosovo est présenté comme une province de la Serbie.

Ma fille a du guts : on y va.

Entrer au Kosovo à partir de la Serbie ? Aucun problème puisque les Serbes considèrent ça comme un voyage intérieur.

Entrer en Serbie à partir du Kosovo ? Gros risque d’être refoulé.

Le gouvernement canadien conseille carrément d’éviter le nord du Kosovo en raison des tensions.

Pour nous, entrant au Kosovo via la Macédoine, aucun problème.

Fierté

La capitale, Pristina, est une ville de la taille de Sherbrooke. Honnêtement, il n’y a pas grand-chose à voir.

On y va pour la curiosité de voir à quoi ressemble un tout nouvel État qui a versé du sang pour naître. Au XXIe siècle, ce n’est pas banal.

Inutile de dire que les Serbes n’y sont pas les bienvenus.

Dans un casse-croûte, un client a demandé s’il pouvait payer avec des « denars » macédoniens. Le serveur a cru que le gars voulait payer avec des « dinars » serbes. Ouch !

Dans cette région, la superstar absolue, c’est mère Teresa, Albanaise née à Skopje.

À Pristina, on a eu droit à une visite guidée du nouveau musée d’histoire nationale.

Le contexte est très différent, mais la fierté du jeune guide, qui nous racontait cette indépendance toute neuve, a profondément ému le souverainiste triste en moi.