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Devoir de mémoire

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Le 29 janvier 2017, en plus des blessés graves, six hommes étaient assassinés froidement à la mosquée de Québec pour la seule raison qu’ils étaient musulmans. Ce soir-là, la haine a frappé au cœur même d’une communauté pacifique.

D’où l’importance de ne pas oublier. La commémoration de ce mardi soir à l’Université Laval et le mémorial aux victimes qui sera érigé près de la mosquée nourrissent notre devoir de mémoire.

Dans la très grande générosité de cœur de ces familles affligées, des premiers répondants et d’une ville solidaire et encore endeuillée, il y a quelque chose de profondément bouleversant. Et surtout, porteur d’espérance.

Tendre la main

Depuis la tuerie, malgré une douleur sans nom, les familles et amis des victimes ont refusé de répondre à la haine par la haine. Bien au contraire, ils ont tendu la main à leurs concitoyens qui, eux, leur tendaient déjà la leur. Prenons ici la pleine mesure d’un geste aussi humaniste.

Le rituel des commémorations d’événements déchirants n’est certes pas facile. Pour les proches des victimes, il remue de nombreuses douleurs. En même temps, il les entoure d’un soutien précieux.

Pour la société, le devoir de mémoire est essentiel. Comme pour le massacre de la Polytechnique, dont les 30 ans seront marqués cette année, la tuerie de la mosquée nous rappelle les ravages brutaux de la haine de l’« Autre ».

L’« autre » de quelqu’un

Comme disait un de mes professeurs : « Nous sommes toujours l’Autre de quelqu’un. » Que ce soit la haine des femmes d’un Marc Lépine ou la haine des musulmans d’un Alexandre Bissonnette, avant toute autre chose, le devoir de mémoire est un puissant appel au rejet de la haine sous toutes ses formes.

Avec un courage magistral, la communauté musulmane de Québec et leurs concitoyens marquent le pas. Leur volonté émouvante à vivre ensemble dans la paix et le respect le fait tout autant. Pour ne pas oublier.