/news/transports
Navigation

Taillefer reconnaît avoir manqué son coup avec Téo Taxi

L’homme d’affaires a « entièrement » pris le blâme de l’échec de son entreprise qui a mis à la porte 450 chauffeurs

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc

Coup d'oeil sur cet article

L’homme d’affaires Alexandre Taillefer a pris tout le blâme hier de l’échec de son entreprise Téo Taxi. Il reconnaît qu’il aurait dû plus s’impliquer afin que le projet soit mieux géré.   

«J’aurais aimé ça être là à temps plein comme entrepreneur. J’ai agi davantage comme investisseur, et ça, je me le reprocherai toute ma vie», a-t-il confié au micro de Paul Arcand, au 98,5 FM.     

Dans une tournée d’entrevues dans les médias hier (même si Alexandre Taillefer n’a retourné aucune des demandes du Journal), il a avoué qu’il aurait voulu concentrer ses efforts uniquement sur Téo Taxi plutôt que de se retrouver comme investisseur dans plusieurs projets.     

Selon l’homme d’affaires, son passage à la présidence de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ) a fait en sorte que « le projet Téo en a souffert ».     

«Dans un contexte où on doit continuer à opérer des entreprises, les apparences de conflits d’intérêts ont fait en sorte que j’ai dû démissionner de tous mes conseils, ce qui a eu des impacts sur mes partenaires. C’est une décision que je n’aurais pas dû prendre», a-t-il admis hier, l’air fatigué, à Benoît Dutrizac, sur QUB Radio.     

Il a confirmé du même coup qu’il ne comptait pas de sitôt joindre les rangs du PLQ.     

«Je vais continuer à émettre des opinions et des idées pour faire avancer le Québec», a-t-il assuré.     

Perte personnelle de 1,5 M$  

Alexandre Taillefer estime avoir perdu 1,5 M$ dans la faillite de Téo Taxi et « quatre ans » de sa vie. Ses REER y seraient même passés.     

«J’ai mis non seulement de l’argent, mais, comme on a été obligé d’en mettre plus que ce à quoi je m’attendais, j’ai eu des problèmes de liquidités. Mon REER y est passé entièrement, a soutenu l’entrepreneur à “Dutrizac de 6 à 9”. Vous savez, un entrepreneur, ça n’a pas de fonds de pension. Aujourd’hui, non seulement je n’ai pas de fonds de pension, mais je n’ai plus de REER.»     

En revanche, en comptant les investissements en capital-actions, les subventions et les prêts, les institutions publiques ou quasi publiques ont investi depuis 2015 entre 50 et 60 millions $ dans Taxelco, la société mère de Téo Taxi.     

Il ajoute que c’est «un échec personnel très important» qu’il «assume entièrement».     

«Y’a des choses qu’on a faites qu’on n’aurait pas dû faire. Y’a des décisions qu’on a prises qu’on n’aurait pas dû prendre», estime-t-il, en prenant le temps de s’excuser pour toutes les pertes d’emplois.   

 

  

Absence reprochée  

Si plusieurs ont reproché l’absence de l’homme d’affaires de la conférence de presse de Téo Taxi, mardi, ce dernier assure qu’il «n’a pas cherché à se cacher» et que c’était «ce qui devait être fait».     

«Si j’avais été à la conférence de presse, tout ce qu’on aurait fait c’est mettre l’emphase sur moi, alors que 450 personnes perdent leur emploi. La compagnie avait des messages à passer», a affirmé Alexandre Taillefer.     

Il a plutôt pris la journée de mardi pour rédiger une lettre ouverte adressée au premier ministre du Québec, François Legault.     

Il a inclus cinq recommandations pour « sauver les meubles », notamment des assouplissements réglementaires, mais aussi que les voitures soient récupérées, tout comme les infrastructures de recharge électriques.