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Apprend-on réellement à conduire?

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Un carambolage monstre impliquant près de 150 véhicules a récemment eu lieu sur l’autoroute 40.

Un exemple parmi tant d’autres qui illustre selon moi à quel point les conducteurs automobiles manquent de formation. Oh, certes, ils ne manquent pas d’informations, puisqu’on leur a bien appris à respecter les nombreux règlements et à suivre le code de la sécurité routière. Or, leur a-t-on appris à être logiques? Et surtout, leur a-t-on appris à conduire?

 

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Parce qu’il est évident que si on pouvait répondre positivement à ces deux questions, des accidents majeurs comme celui survenu dans la région de Lanoraie n’auraient pas lieu. Au lieu de «respecter» les limites de vitesse, on conduirait à une vitesse logique. Et avec des notions de conduite plus poussées, on saurait comment contrôler un véhicule qui part en dérapage ou qui décroche momentanément de sa trajectoire. On saurait aussi qu’il est important d’être vu, ce qui inciterait peut-être les gens à allumer leurs phares.

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Comprenez-moi bien. Loin de moi l’idée de donner ici des leçons à l’automobiliste québécois. Nous ne sommes d’ailleurs pas en faute, puisqu’on ne nous a jamais enseigné de réelles notions de conduite. On a plutôt choisi d’infantiliser le conducteur québécois en lui montrant à ne pas faire ceci, à ne pas faire cela. Ne vous stationnez pas ici, ne roulez pas trop vite, immobilisez-vous, ne passez pas par là!

Pire encore, il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, le cours de conduite n’était même pas obligatoire. Il suffisait de passer un test théorique pour apprendre à «respecter le règlement», lequel était suivi d’un test pratique. Et dans cet examen, les notions de conduite se limitaient et se limitent toujours à des angles morts, des changements de voie, du stationnement en parallèle et aux arrêts obligatoires! C’est comme ça qu’on forme de bons conducteurs?

J’ajouterais aussi que pour les personnes plus âgées, aucune mise à niveau n’a été imposée. Je sais, certaines d’entre elles m’enverront aujourd’hui un message sur ma page Facebook pour me dire à quel point ils sont de meilleurs conducteurs que la moyenne, parce qu’ils ont 40 ou 50 ans d’expérience de conduite. Or, si parfois, il est vrai qu’ils ont de bonnes notions et de bons réflexes, je me permets de vous dire que dans d’autres cas, ce sont de véritables dangers publics.

Imaginez un individu qui a obtenu en 1970 un permis de conduire comme on obtient aujourd’hui un permis de pêche. Qui a appris à conduire sur une Chevrolet Biscayne propulsée, chaussée de pneus Polyglass, circulant sur des routes où la densité de véhicules était vingt fois moindre. Cette même personne qui se retrouve aujourd’hui au volant d’un Honda Pilot à quatre roues motrices, fardé de technologie, n’a souvent aucune idée de la machine qu’elle conduit. De ses capacités et de son comportement réel.

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Comment réagit un véhicule à quatre roues motrices en cas de dérapage? Comment utiliser adéquatement des freins ABS? Et les pneus, comment réagissent-ils sur différents types de surface? Votre voiture est aujourd’hui équipée de dix coussins gonflables? Alors, quelle est la position de conduite à adopter pour que le tout soit sécuritaire?

Ajoutez à cela les nombreux panneaux de signalisation qui se sont additionnés au fil des ans et qui, pour plusieurs, sont du véritable chinois, et vous avez la preuve qu’une petite mise à niveau ne peut faire de tort à personne. Car à l’époque de la Chevrolet Biscayne, on ne se posait aucune question.

Il existe heureusement quelques écoles de pilotage et de conduite avancée vous permettant de parfaire vos talents de conducteur. Il ne suffit que d’une petite recherche sur Google pour trouver. Or, encore trop peu de gens prennent cette initiative, que je recommande à chaque parent sur le point de lancer son enfant sur les routes publiques.

Des notions de dérapage, de freinage, de sous-virage et de survirage. Des notions sur la distribution des masses, sur le comportement d’un véhicule à traction, à propulsion ou à quatre roues motrices. Des trucs pour apprendre à utiliser les technologues d’assistance à la conduite, aujourd’hui omniprésentes dans nos véhicules. Et surtout, des notions de conduite hivernale...parce qu’on vit au Québec! Voilà une courte liste d’éléments qui seront couverts par ces écoles, et rarement par celles qui sont chargées de faire décrocher un permis aux futurs conducteurs.

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Une bonne nouvelle

L’école de conduite doit se réinventer. Et surtout, la SAAQ doit cesser de penser aux statistiques en réglementant davantage. La clé se trouve dans l’éducation, dans la formation, et non pas dans une réglementation parfois nécessaire, mais souvent illogique.

De ce fait, un nouvel organisme a récemment été fondé afin de faire la lumière sur l’éducation réelle inculquée aux nouveaux conducteurs. Il s’agit du CRCS (Centre de Recherche en Conduite Sécuritaire), chapeauté par Bertrand Godin, notamment instructeur de conduite à l’Académie de Police de Nicolet.

L’objectif de cet organisme est non seulement d’étudier les méthodes et les notions d’enseignement, mais aussi les comportements des automobilistes en perte d’autonomie, aux prises avec des troubles de déficit d’attention et de concentration. La toxicomanie fera aussi l’objet d’études, le tout afin de mieux outiller les formateurs qui bien sûr, souhaitent enseigner des notions mieux adaptées à la réalité des conducteurs d’aujourd’hui.

Bien sûr, le jour où le conducteur québécois sera qualifié comme le meilleur au monde est encore loin d’être arrivé. Il faudra un travail colossal et surtout, une réelle volonté de la SAAQ, afin que le Québec devienne un exemple.

Mais en attendant, les limites demeureront à 100 km/h. Autant par une belle journée d’été où rouler à 130 km/h ne permettrait au conducteur que d’être davantage concentré sur la route,  qu’en situation de tempête ou une limite à 80 km/h pourrait éviter bien des tracas.

Sur ce, bonne route!

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