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Le cauchemar de Kevin Parent

Le cauchemar de Kevin Parent
Photo Stevens LeBlanc

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J’ai de la difficulté à dormir depuis que je lis sur Kevin Parent, qui a trouvé une groupie assise dans son lit . C’est le cauchemar de bien des gens qu’un inconnu entre chez eux en pleine nuit.  

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver que cette histoire soulève des questions sur le lien un peu « fou » que le Québec entretient avec ses vedettes.     

COMME NOUS AUTRES  

Au Québec, les vedettes sont adulées, admirées et appréciées, comme partout ailleurs. Mais la différence, c’est qu’ici les vedettes sont accessibles.         

Les fans tutoient leurs idoles, les abordent au restaurant, dans la rue, les touchent, se font prendre en selfie sans qu’un immense garde du corps intervienne. C’est comme ça qu’on aime nos vedettes : accessibles, authentiques, « du monde comme nous autres » qui magasine au centre d’achats. Sauf que cette proximité et cette accessibilité sont parfois difficiles à tempérer.     

J’ai souvent parlé de ça avec mon ami Michel Barrette. Pendant des années, quand tout le monde savait où il habitait, de parfaits inconnus ont sonné à sa porte, sont entrés dans son garage, se sont pointés au bord de sa piscine.     

« Michel Barrette entre dans ma maison (au moyen de la télé) ? Ben moi itou j’ai le droit d’entrer dans la maison de Michel Barrette. »     

Ce n’est pas pour rien que Michel a déménagé récemment.     

Il n’est pas évident, le dilemme des vedettes québécoises : si vous vous isolez, que vous mettez des gardes de sécurité entre vous et le public, on va vous traiter de snob. Mais si vous laissez le public qui vous aime entrer dans votre bulle, c’est difficile de lui demander d’en sortir quand vous voulez avoir « la paix ».     

C’est quand même un drôle de métier : tu galères pendant des années pour obtenir de l’amour et quand tu atteins le sommet, tu passes des années à te battre pour tempérer les ardeurs de ceux qui t’aiment.     

Il y a les vrais fous, mais aussi tous ceux qui sont seulement « fous d’amour » pour leurs idoles. Le défi, c’est d’éloigner les premiers sans éloigner les seconds.     

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent comment cuisiner leurs invités! Invitez-vous à table en écoutant Devine qui vient souper? une série balado originale.

 

L’EAU À LA BOUCHE, VRAIMENT ?  

En terminant, une réflexion. Si c’était une chanteuse populaire qui avait été harcelée par un fan, vous ne pensez pas que la réaction aurait été différente ? Vous ne trouvez pas qu’il y a un peu de « banalisation » du harcèlement vu que c’est un gars qui se fait suivre jusque dans son lit par une femme ? Mardi dernier à la première du nouveau spectacle de P.A. Méthot, l’humoriste s’est même risqué à faire une blague (discrète et subtile) sur le sujet.     

Au 96,9, CKOI, la bande de Debout les comiques s’est amusée à faire la liste des pires phrases que Kevin Parent pourrait entendre dans la bouche de quelqu’un qui serait rentré chez lui par effraction, en s’inspirant de ses propres paroles de chanson : « J’ai l’eau à la bouche quand je t’embrasse ».     

Je pose simplement la question : est-ce que des humoristes auraient fait ce type de blague si c’était Cœur de pirate qui s’était réveillée en pleine nuit avec, sur le coin de son lit, un homme amoureux d’elle ?