/finance/business
Navigation

Un cofondateur de Téo Taxi se confie: «un problème de gestion, pas un problème de voitures»

On ne parle pas du «vrai problème» qui a conduit Téo au bord du précipice, dit-il

Téo taxi
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Un cofondateur de Téo Taxi estime que le fiasco financier de l’entreprise s’explique par sa mauvaise gestion bien plus que par de soi-disant problèmes de voitures électriques.  

« C’est clair qu’il y a un problème de culture d’entreprise. Quand il y a cinq directeurs généraux qui passent, aucun membre de la haute direction qui reste et que même les consultants bien rémunérés quittent tous le navire, il faut se poser des questions », a confié au Journal Thierry St-Cyr, cofondateur de Téo Taxi.    

Thierry St-Cyr, cofondateur de Téo Taxi
Photo tirée de Twitter
Thierry St-Cyr, cofondateur de Téo Taxi

M. St-Cyr est revenu sur la fin de Téo hier matin, en marge d’une conférence de presse annonçant un don d’un million $ de la Banque Nationale à la Fondation OSMO à la Maison Notman.   

« Il y a des trucs de culture au plus haut niveau qui font que les gens ne restent pas parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être écoutés ni que leur expertise est reconnue », a-t-il dit.   

L’ex-député du Bloc québécois, aujourd’hui à l’Institut du véhicule innovant (IVI), se souvient des débuts de Téo comme si c’était hier. Les premières réunions de projet dans les bureaux de XPND Capital sont restées gravées dans sa mémoire.   

Mais M. St-Cyr n’aime pas ce qu’il entend en ce moment.   

« Boucs émissaires »  

« Je ne veux pas que les véhicules électriques servent de boucs émissaires », répète en cours d’entretien l’un des trois cofondateurs qu’Alexandre Taillefer est allé chercher pour lancer la flotte verte et blanche.   

Même s’il a quitté Téo l’an dernier, comme Patrick Gagné et Jeff Desruisseaux, l’ingénieur de formation pointe du doigt la gestion déficiente. Pour lui, c’est l’éléphant dans la pièce.   

« Il y a un symptôme et un fait réel : un taux de roulement hallucinant », poursuit-il. Cadres, gestionnaires, consultants... ont fui la société, note-t-il.  

Beaux malaises  

Hier, Le Journal n’a pas pu discuter de ces enjeux avec un autre cofondateur de Téo, Patrick Gagné, qui participait à la conférence de presse pour recevoir un don de la Banque Nationale au nom de la fondation OSMO, qu’il dirige.   

À notre arrivée sur les lieux, les communications d’OSMO nous ont interdit de poser des questions portant sur Téo Taxi à M. Gagné.   

Après la conférence, Le Journal a finalement pu lui parler, mais il a refusé de commenter l’échec financier de la compagnie québécoise.   

« Je ne parle pas de Téo », a-t-il martelé, avant de mettre fin abruptement à l’entrevue en raison d’un rendez-vous.   

« Je n’ai pas d’amertume. Je dois quitter. Je veux plus parler de l’entrepreneuriat et de son potentiel », a-t-il conclu, en laissant la salle en coup de vent.