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L’urgence d’une nouvelle politique étrangère

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Le Canada a besoin d’une nouvelle politique étrangère. En quelques années, les certitudes sur lesquelles reposait la politique étrangère canadienne ont été balayées. Les États-Unis sont devenus des alliés incertains. La Chine, première puissance économique mondiale, s’est engagée dans une trajectoire de plus en plus autoritaire.

Cet autoritarisme arrogant déborde sur les relations entre la Chine et d’autres pays, comme le montre l’affaire Huawei. L’Europe est devenue instable. Le Brexit et les Gilets jaunes sont symptomatiques de problèmes européens plus profonds. Des islamistes, l’Arabie saoudite en tête, ont l’outrecuidance de proposer la supériorité de leur islam totalitaire sur la démocratie. Face à tous ces problèmes, le gouvernement de Justin Trudeau paraît en désarroi ou en déni.

1. Que doit faire le Canada ?

Il faut d’abord admettre que nous sommes entrés dans une nouvelle guerre froide avec la Chine. Comme l’expliquait récemment Robert D. Kaplan dans Foreign Policy, les rivalités entre la Chine et les États-Unis ne peuvent pas se régler par des négociations. Kaplan est un des meilleurs experts en relations internationales. Quoi qu’il en soit, le Canada n’a pas le choix de son camp : il ne peut être que du côté des États-Unis et de la démocratie.

2. Quelles relations le Canada doit-il poursuivre avec les États-Unis ?

Un des problèmes est que les États-Unis deviennent de moins en moins démocratiques. De plus, comme les États-Unis ne sont plus la première puissance économique du monde, il faut s’attendre à ce que les pressions économiques américaines contre le Canada soient plus dures que celles du temps de la première guerre froide. Le Canada doit donc se protéger des influences culturelles antidémocratiques américaines et augmenter son autonomie économique face aux États-Unis.

3. Comment renforcer la démocratie au Canada ?

Étant donné le nouveau contexte international, ce n’est pas le moment d’expérimenter de nouveaux systèmes de représentation, comme celui de la proportionnelle. Mieux vaut garder un système qui a fait ses preuves. Ensuite, le Canada devrait se rapprocher davantage des quelques dizaines de pays qui sont des démocraties et s’éloigner des autres. Les pays européens et l’Inde comptent parmi les pays avec lesquels le Canada devrait activement renforcer ses échanges. Enfin, le gouvernement devrait lutter avec plus de vigueur contre les forces financières et religieuses qui sapent le pouvoir des citoyens. Par exemple, des mesures plus strictes contre l’évasion fiscale et l’interdiction aux capitaux étrangers de financer des groupes religieux constitueraient un bon début.

4. Quelles devraient être les relations entre le Canada et la Chine ?

Le Canada devrait suivre l’exemple des États-Unis en matière économique. Depuis de nombreuses années, le déficit commercial entre le Canada et la Chine est proportionnellement plus grand que celui entre les États-Unis et la Chine. De plus, les graves dérives maoïstes du gouvernement de Xi Jinping devraient inciter le Canada à réduire ses relations avec la Chine dans les autres domaines.

5. Justin Trudeau peut-il repenser la politique étrangère canadienne ?

Trudeau ne semble pas avoir l’équipe requise pour repenser la politique étrangère du Canada. Ses voyages à l’étranger, particulièrement en Chine et en Inde, ont été des catastrophes. Le Canada ne semble pas du tout en voie d’obtenir un siège au Conseil de sécurité, une confirmation du recul de l’influence du pays à l’échelle internationale. Pourtant, l’appareil diplomatique du Canada et ses diplomates restent parmi les meilleurs au monde. Encore faudrait-il que Chrystia Freeland se montre à leur hauteur.