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Profs discriminés selon leur religion?

Simon Jolin-Barrette, en avant plan, lors du bilan de fin de session en décembre.
Photo d’archives, Jean-Francois Desgagnés Simon Jolin-Barrette, en avant plan, lors du bilan de fin de session en décembre.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, a expliqué les démarches de son ministère, qui souhaitait savoir combien de membres du personnel de trois commissions scolaires de la région de Montréal portent des signes religieux. M. Jolin-Barrette s’est défendu d’avoir demandé un dénombrement.

Selon lui, les démarches du ministère se sont limitées à demander si de telles données existaient.

« Vous savez, lorsqu’on embauche, le gouvernement du Québec, dans les mesures d’accessibilité à l’emploi, il y a une série de critères qu’il peut valider », a-t-il expliqué sur les ondes de RDI lundi soir.

Le ministre sous-entendait donc que la religion fait partie des critères pris en compte dans les programmes d’accès à l’égalité en emploi au sein des commissions scolaires.

Les faits

Malheureusement pour le ministre Jolin-Barrette, l’appartenance à une religion ne fait pas partie des questions posées par les programmes d’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics.

Ainsi, à l’embauche, les commissions scolaires doivent demander à leurs employés s’ils font partie des groupes visés par la Loi d’accès à l’égalité en emploi.

Ces groupes comprennent les femmes, les autochtones, les personnes qui font partie d’une minorité visible, les personnes handicapées et les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français ou l’anglais et qui font partie d’un autre groupe que celui des autochtones et des minorités visibles.

Les réponses fournies par les employés ne peuvent donc pas permettre d’établir s’ils portent des signes religieux ou non.

M. Jolin-Barrette aurait donc dû trouver une meilleure justification pour les démarches du ministère !

 

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