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La laïcité pour «éviter les dérapages», plaide Legault

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Bannir les signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité permettrait d’«éviter des dérapages», comme on en voit ailleurs dans le monde, plaide le premier ministre François Legault, dans une entrevue accordée à Emmanuelle Latraverse pour la nouvelle édition dominicale de La Joute.   

En entrevue, l’homme d’État souligne que le Parti québécois et le Parti libéral du Québec n’ont jamais réussi à mettre un cadre sur ce qui est permis ou pas comme signe, ce qui permet des dérapages.   

«Au Québec, il y a des gens qui sont racistes et qui souhaiteraient, par exemple, qu’une personne ne puisse pas porter un signe religieux dans la rue.»   

Selon lui, le cadre que son parti proposera va permettre de montrer à ces gens que le gouvernement s’occupe de la situation.   

«C’est comme si on venait de définir un carré de sable pour dire: “il y a un geste qui a été posé, on n’a pas mis le problème en dessous du tapis, mais exagérez pas.” C’est raisonnable, il y a des gens qui n’aimeront pas ça, mais on arrête là. Ça évite les risques de dérapages comme on a vu en France, aux États-Unis, dans beaucoup d’endroits dans le monde.»   

Le fort appui de la population à la Coalition avenir Québec aux dernières élections permettra, selon le chef Legault, d’éviter un dérapage comme durant l’épisode de la Charte péquiste des valeurs.   

«Il y a cet appui qui est important, il y a des petits groupes qui vont essayer de s’y attaquer, mais mon intention, c’est de régler tout ça d’ici l’été, de tourner la page et de parler des vrais sujets», lâche-t-il.   

Seuils d’immigration   

Combien de temps durerait la réduction de 50 000 à 40 000 nouveaux arrivants au Québec par année? Tout dépendra du fédéral, tranche M. Legault.   

«Il y a trop de nouveaux arrivants qui ne parlent pas français», affirme-t-il. «Il y en a trop qui n’ont pas les qualifications pour répondre aux besoins du marché du travail du Québec. J’aurais le goût de vous dire, le nombre, c’est un peu secondaire.»   

La mise en place de tests en français et de tests de qualifications professionnelles pourrait permettre de rehausser le seuil par la suite. Tout dépendra du moment où le gouvernement fédéral permettra leur instauration, affirme M. Legault, mentionnant que le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, mène actuellement des discussions en ce sens avec son homologue à Ottawa.   

Certains partis se montrent aussi plus ouverts que d’autres sur cette question, note le premier ministre, sans les nommer directement.   

Pénurie de main-d’œuvre   

En entrevue avec Emmanuelle Latraverse, le premier ministre québécois avance qu’une transformation du marché du travail est imminente, avec la mutation d’emplois moins bien payés en postes demandant des études et des qualifications.   

Il y aura toute une réflexion à avoir sur la formation de la main-d’œuvre, concède M. Legault   

«Je suis ouvert à aller aussi loin que de dire que si une personne veut retourner un an en formation pour être capable de passer de 15$/h à 30$/h, on est peut-être même prêt à payer une partie du salaire pendant sa formation, évoque le premier ministre. Je suis allé à Davos, j’ai rencontré plein de présidents de grandes entreprises, et les prochains développements de ces entreprises-là vont se faire dans les endroits où il y a des étudiants, de la main-d’œuvre qualifiée, entre autres en technologie de l’information.»   

Et des fonds pour permettre cette transformation, il y en a sur le bureau du premier ministre Trudeau, affirme-t-il.   

«On a beaucoup de choses à négocier avec le gouvernement fédéral, j’espère que ça va bien aller pendant une année électorale», lance-t-il avec un clin d’œil.   

L’arrogance des députés   

Questionné par Emmanuelle Latraverse, le premier ministre avoue avoir demandé à ses députés de ne pas faire preuve d’arrogance dans leurs communications.   

«Quand je vois certains sondages, je vois certains ministres dire “Wow, ça va bien”. Je dis “Soyons prudents, restons humbles, proches du monde”, souligne le premier ministre. On défend les Québécois, leurs préoccupations».   

Cette attitude doit se refléter aussi envers les citoyens et leurs préoccupations, croit-il.   

«Je ne regarde pas de haut quelqu’un de la classe moyenne qui dit “Je manque d’argent dans mes poches”. C’est important pour moi», affirme M. Legault.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.