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L’étrange et le merveilleux dans la nature

Christiane Vadnais
Photo courtoisie, Maryse Cléro-Nobrega Christiane Vadnais

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Pour son tout premier roman, Faunes, la talentueuse Christiane Vadnais a imaginé un univers où l’irréel côtoie le vrai et où la nature domine toujours tout, même si les humains pensent l’avoir cataloguée et domestiquée.

Laura, son héroïne, est biologiste. Un grand combat pour la survivance l’attend lorsqu’elle doit se rendre dans l’étrange localité de Shivering Heights, un endroit brumeux, malfamé. Son écriture est très atmosphérique, évocatrice d’ambiances étranges.

<b><i>Faunes</i></b><br />
Christiane Vadnais<br />
Éditions Alto, 140 pages.
Photo courtoisie
Faunes
Christiane Vadnais
Éditions Alto, 140 pages.

Christiane Vadnais explique, en entrevue, qu’une envie de parler du fait qu’on vivait coupés de la nature l’a poussée à écrire son premier roman. Un projet qui lui a demandé cinq ans de travail.

« À une époque où les changements climatiques nous reviennent un peu dans le visage, ma recherche était d’essayer de remettre l’être humain devant des forces plus grandes », dit-elle.

« On est dans une époque où on passe notre vie devant des écrans, dans des voitures, à l’intérieur. Il y a plein de choses qu’on vit, au jour le jour, qui nous ramènent à quelque chose de très primitif, comme lorsqu’on mange, qu’on est malades ou qu’on accouche – toutes des situations qui arrivent dans le livre. Alors, on est vraiment confrontés à notre état d’humain-animal. »

« C’est en nous »

L’auteure avait envie de se confronter – et de confronter ses personnages – à cette fulgurance, à cette force de la nature, qu’on a tendance à perdre de vue. Mais qui nous attend au détour...

« On essaie beaucoup, en tant qu’être humain, de se distinguer de notre partie animale. De dire qu’on a une intelligence qui nous permet de dominer nos instincts. Mais on fait partie de la nature. La nature, ce n’est pas extérieur à nous. C’est en nous et je pense qu’on a besoin de cultiver ce sentiment pour développer une relation plus saine avec notre environnement. »

L’environnement est une question qui lui fait faire « beaucoup d’angoisse », avoue-t-elle. « C’est un grand défi de notre époque. Je n’ai pas voulu écrire le livre dans une perspective politique, mais dans une perspective de connexion et d’émerveillement. Dans la nature, il y a des faits scientifiques très impressionnants, comme des calmars géants et des poissons lumineux. Ils ont l’air irréels, merveilleux, et je trouve qu’on en est un peu déconnectés. »

« Je voulais faire ressurgir ce sentiment de fascination, de beauté, qui est vraiment présent autour de nous », ajoute-t-elle.

Privilège

En étant biologiste, le personnage de Laura est en mesure d’observer la nature, de manière privilégiée.

« Le texte se veut un peu poétique et étrange. On a la présence du latin, dans le livre, pour nommer les animaux et les plantes. Une espèce d’étrangeté scientifique peut se développer grâce au statut de biologiste de Laura. »


► Christiane Vadnais est titulaire d’une maîtrise en études littéraires.

► Elle dirige plusieurs projets permettant le rayonnement de la littérature québécoise.