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Rival: la PME internationale

Eleider Alvarez portait les gants de la compagnie québécoise Rival, vendredi, lors de son combat contre Sergey Kovalev.
Photo courtoisie Eleider Alvarez portait les gants de la compagnie québécoise Rival, vendredi, lors de son combat contre Sergey Kovalev.

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FRISCO, Texas | Eleider Alvarez est monté dans le ring hier soir avec des gants Rival. Ces gants, ils ont été conçus à Montréal et fabriqués au Pakistan par les deux mêmes ouvriers qui travaillent dans l’usine sur les gants préparés pour les plus grands boxeurs de la planète.

Cette fois, Sergey Kovalev avait choisi des Reyes : « Par superstition, la dernière fois, il portait des Rival quand il s’est fait passer le knock-out par Alvarez », raconte Russ Anber.

Rival, c’est une compagnie québécoise, installée dans le nord de la ville. C’est avec des Rival que le grand Vasyl Lomachenko, Oleksandr Usyk ou Anthony Joshua affrontent leurs adversaires qui ont souvent eux aussi les mains gantées par des Rival.

Le grand Vasyl Lomachenko préfère lui aussi les gants de Rival.
Photo courtoisie
Le grand Vasyl Lomachenko préfère lui aussi les gants de Rival.

Depuis cinq ou six ans, c’est une explosion de visibilité aux télés nord-américaines ou européennes. Presque à chaque week-end, on voit un boxeur dans un combat principal porter des Rival.

Rival, c’est Russ Anber, entraîneur de boxe, célèbre cutman en demande, classe affaires, partout sur la planète, analyste à la radio et à la télévision...

Et Luc-Vincent Ouellet, son homme de confiance qui partage ses journées de 14 heures entre Marc Ramsay et l’entraînement et la conception avec un designer et la gestion des produits Rival. Tout en voyageant sur trois continents comme cutman puisque Russ Anber lui transmet au fil des années et des combats la science non écrite de l’art de retaper un boxeur coupé pendant une bataille.

DES BUREAUX À VEGAS... ET AILLEURS

Russ Anber a lancé sa compagnie avec 2000 $ en 2003. « Un monsieur Tariq est parti du Pakistan et est venu me voir à mon gym. Il voulait faire des affaires. Mais je n’avais que 2000 $ pour ma première commande. C’était des pinottes. Le lendemain, il est revenu et m’a dit qu’il avait mal dormi et qu’il voulait m’aider. Il est parti avec ma petite commande. Après toutes ces années, c’est encore son usine qui fabrique mes gants », raconte Anber.

Russ Anber et Luc-Vincent Ouellet sont rivés à leur cellulaire. Pakistan, Chine, Inde, Vegas, Londres, ils doivent rester en contact.
Photo Réjean Tremblay
Russ Anber et Luc-Vincent Ouellet sont rivés à leur cellulaire. Pakistan, Chine, Inde, Vegas, Londres, ils doivent rester en contact.

Une partie des produits Rival sont maintenant fabriqués en Chine et en Inde. Luc-Vincent Ouellet connaît mieux la Chine que Chicoutimi. Et tout le monde dans la boxe sait que Russ travaille la nuit et dort le jour. À cause du décalage horaire de ses fournisseurs.

La compagnie a maintenant des boutiques et des entrepôts à Las Vegas et à Londres. Elle a un entrepôt en France et ouvre boutique et entrepôt en Australie le 1er juillet. En tout 24 employés pour un chiffre d’affaires de plus de 5 millions par année.

Et vous ne serez pas surpris d’apprendre que le premier boxeur à porter des Rival à la télé américaine fut Jean Pascal. Sapré Jean. Bien des gens lui devront beaucoup...

NE VENDRE QUE DE LA BOXE

Rival, c’est une compagnie de boxe dirigée par des gars de boxe. Il y a un universitaire dans toute l’entreprise. On ne vend que de la boxe. Sans publicité autre que les images de champions du monde se battant avec des Rival. « Dans ce temps-là, on fournit l’équipement au boxeur sans plus. Et on n’abuse pas de la situation avec de la publicité. Vous savez, Anthony Joshua pourrait acheter la compagnie avec son petit change. Il est avec Rival parce qu’il croit au produit et à notre expertise », soutient Anber.

Anber et Ouellet ne se contentent pas de produire et de distribuer du Rival. Ils parcourent le monde, surtout Ouellet, pour entraîner des boxeurs ou pour agir comme cutman dans une finale quelque part à Vegas, New York ou Paris. Certains soirs, ils doivent se séparer... les boxeurs. « J’étais à Las Vegas pour Badou Jack et c’est Luc-Vincent qui s’est occupé de Fazliddin Gaibnazarov et d’Oscar Rivas à Verona. Ça arrive souvent », de dire Anber.

Hier soir, Luc-Vincent était dans le coin d’Eleider Alvarez comme entraîneur avec Marc Ramsay et Russ Anber était le cutman. Le drame était prévu pour minuit et demi... au Québec.

Quelle vie quand même...

 

Alvarez et son neurologue

Hier à 18 heures, Eleider Alvarez a pris son repas du guerrier : patates pilées et steak. Ce qui a porté son poids à 193 livres.

D’ailleurs, moins de deux heures après la pesée, Alvarez pesait déjà 188 livres. Il avait pris 13 livres, essentiellement de l’eau et des breuvages contenant des électrolytes.

Puis, vers 20h30, il s’est retiré dans sa chambre avec le docteur en neurosciences qui le suit depuis plus de deux ans. C’est-à-dire, trois mois avant son combat contre Lucian Bute.

Là, Alvarez s’est livré à une séance « d’activation » avec le docteur David Tinjust. Ce sont des exercices qu’Alvarez pratique pour « programmer » son cerveau.

Les coups « au ralenti »

Ces exercices auraient considérablement amélioré le temps de réaction de ses neurones.

« Quand il se bat dans le ring, c’est comme si les coups se passaient au ralenti et qu’il avait le temps de réagir. Cela a beaucoup contribué à renforcir sa force de frappe », expliquait Stéphane Lépine, le gérant d’Alvarez.

Puis, vers 21 heures, le champion s’est amené au Ford Center at the Star pour entreprendre la dernière étape de sa préparation. Bandage des mains, hydratation, concentration, réchauffement...

Mais tous ces exercices ne valent que si on gagne.

Sinon, ça voudra dire que les exercices du gars d’en face étaient aussi efficaces.

Ça se joue au centième de millième...