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Un Eleider Alvarez dénaturé

Il n’a pas été l’ombre de lui-même dans sa défaite contre Sergey Kovalev

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FRISCO, Texas | Eleider Alvarez n’est plus champion du monde. Sergey Kovalev lui a fait subir sa première défaite en carrière en livrant une performance de haut niveau dans le ring du Ford Center.

Depuis la fin du combat qui s’est terminé au petit matin, l’équipe d’Alvarez (24-1, 12 K.-O.) et le boxeur lui-même sont à la recherche de réponses. Qu’est-ce qui s’est passé pour que le champion soit à plat ?

Pour l’expliquer, il faut explorer plusieurs aspects. Tout d’abord, Kovalev a été bon, très bon.

On a revu le boxeur des beaux jours. Celui qui était très bon sur le plan technique. Pas l’arracheur de têtes du 4 août dernier à Atlantic City.

Revenons à Alvarez. Il faut régler une chose en partant : il n’était pas blessé et sa coupe de poids a été faite dans les règles de l’art.

Sur le plan stratégique, il a perdu ses repères à compter de la première cloche pour une raison que son équipe ignore.

On a eu l’impression qu’il avait adopté une mentalité de cogneur alors qu’il a fait sa carrière avec un style technique doté d’un excellent jab. Une grave erreur de perception de la situation qui était devant lui.

Alvarez a attendu pendant tout le combat l’occasion de réussir un knock-out. Elle ne s’est jamais présentée.

« On aurait voulu plus de jambes, de combinaisons et de vitesse de la part d’Eleider, a résumé l’entraîneur Marc Ramsay. Les jambes étaient moins présentes.

« On voulait qu’il mette de la pression plus rapidement dans le duel. Il l’a fait trop tôt. J’aurais aimé qu’il le fasse vers le 4e ou 5e, pas au 2e. Il disait qu’il était à l’aise, mais je l’ai laissé un peu trop faire. »

De plus, les déplacements d’Alvarez étaient moins fluides. Ses jambes semblaient très lourdes.

« Il était beaucoup moins mobile qu’à l’habitude, a confirmé Ramsay. Une partie de la tactique était basée là-dessus. Il était prévu qu’on mette de la pression pour que Kovalev casse.

« On a senti Kovalev faiblir beaucoup, mais c’était la même chose pour Eleider. Ça n’a pas eu le même effet qu’au premier combat. »

Marc Ramsay
Photo d'archives, Ben Pelosse
Marc Ramsay

Alvarez fait son mea culpa

Alvarez n’a pas évité les questions sur sa performance.

Il prend la responsabilité de ce premier revers dans sa carrière.

« Je voulais lui passer le knock-out dès le deuxième round, a indiqué l’ancien champion du monde. Je pense que le combat était plus serré que cela, mais je n’ai pas d’excuses pour ce qui est arrivé.

« Je voyais que Kovalev n’était pas à l’aise quand je lui mettais de la pression. Ça fait partie de la vie : parfois, tu gagnes, parfois tu perds. »

Malgré la défaite, il est fier de lui. Il a reconnu qu’il s’est posé des questions dans les secondes après la décision.

« J’ai réfléchi à plusieurs choses, mais je suis un guerrier. Si on me propose un troisième combat avec lui, je vais accepter sans hésiter. »

De l’inquiétude

Pour sa part, Yvon Michel ne cachait pas sa déception par rapport à la performance de son poulain.

« Kovalev a été meilleur que lui et il était bien préparé, a mentionné celui qui en était à son 61e combat de championnat du monde comme promoteur. Au lieu de tenter d’y aller pour un coup de circuit comme il le faisait avant, il a laissé aller ses mains.

« Il a lancé plus de 800 coups de poing contre 360 pour mon boxeur. Eleider n’a pas suivi son plan de match. Il voulait lui passer le K.-O., mais il a oublié de lancer des coups de poing. C’est une performance en deçà de son potentiel. »