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Cinq mois de boulot... puis du surf

Travailler de longues semaines sans interruption permet de longues vacances... sans interruption

Grâce à son emploi dans la marine marchande, Jean-Paul Rioux peut enchaîner les voyages de surf et de planche à neige.
Photo courtoisie Grâce à son emploi dans la marine marchande, Jean-Paul Rioux peut enchaîner les voyages de surf et de planche à neige.

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Un mécanicien du Bas-Saint-Laurent peut enchaîner les voyages de surf et de planche à neige en ne travaillant que cinq mois par année dans la marine marchande.

« J’adore mon emploi », dit Jean-Paul Rioux, 26 ans, qui suit un cycle de six semaines en mer, suivies de six semaines de congé.

Le mécanicien travaille sur des horaires atypiques. Son employeur le transporte en avion sur son lieu de travail, puis à la maison, si bien qu’il profite des avantages des longs congés du fly-in/fly-out.

Quand il travaille, il est confiné sur un navire où il se lève à 4 h du matin et suit un horaire strict de 12 heures de boulot. Puis, quand il tombe en congé, il jouit d’une liberté totale qui le mène à l’étranger, là où les vagues sont bonnes à surfer.

« C’est un drôle de mélange, avoue-t-il en riant. Je suis un bohème orienté professionnel. »

Depuis environ cinq ans, M. Rioux travaille comme officier mécanicien sur des bateaux qui transportent des marchandises non transformées, que ce soit des fèves ou du charbon. Il vogue sur les Grands Lacs, le Saint-Laurent et parfois sur la côte est des États-Unis.

Emploi exigeant

Résidant à Rimouski, il prend généralement l’avion pour se rendre en Ontario pour embarquer sur son navire, un transport qui est payé par son employeur.

Puis, le bâtiment suit un itinéraire différent chaque fois, explique-t-il.

Il ne travaille que cinq mois par année.
Photo courtoisie
Il ne travaille que cinq mois par année.

Il doit y avoir un officier mécanicien de garde pour veiller à l’entretien mécanique du navire 24 h/24. C’est pourquoi sa journée de travail est divisée en deux : il bosse un premier quart de 4 h à midi, puis de 16 h à 20 h.

Le sommeil est parfois dur à trouver les premiers jours, mais le corps finit par s’adapter, assure-t-il.

Ce choix de carrière lui est venu presque par hasard. Vers l’âge de 16 ou 17 ans, il devait choisir une série de présentations lors d’une visite d’orientation au cégep. Indécis, il a coché au hasard et c’est ainsi qu’il a entendu parler du génie mécanique de marine, un diplôme d’études collégiales de quatre ans.

« Un coup de dés ! s’exclame-t-il. Je suis choyé d’être tombé sur quelque chose qui me va si bien. »

Actuellement second officier mécanicien, il étudie pour monter dans la hiérarchie et obtenir le brevet de chef mécanicien, l’équivalent du capitaine de la salle des machines du bateau.

Au gré des vagues

Ce métier bien rémunéré lui permet de ne pas travailler entre janvier et la mi-mars.

Quand Le Journal lui a parlé, il s’apprêtait d’ailleurs à se rendre en Colombie-Britannique, où il passera les deux prochains mois à faire de la planche hors-pistes avec des amis.

« J’aime l’adrénaline, les petits papillons dans le ventre », dit-il.

Et même pendant la saison estivale, la description de ses six semaines de congé a de quoi faire saliver.

Il a passé plusieurs semaines au Salvador et en Caroline du Nord pour faire du surf, rien que l’été passé.

Il vit alors au rythme de la météo, allant attraper les vagues quand elles sont bonnes.

« C’est sûr que ça engendre des coûts. C’est beaucoup d’argent investi dans le plaisir », explique le jeune célibataire.

Mais outre le prix des billets d’avion, vivre dans les pays du Sud lui revient généralement moins cher que de rester au Québec, estime-t-il.

Il se doute qu’il ne pourra pas garder ce mode de vie éternellement, surtout s’il veut fonder une famille un jour.

« Ce n’est pas évident d’être en couple parce que je ne suis jamais là. »

L’an dernier, il estime avoir passé un total de deux mois chez lui, dans le Bas-Saint-Laurent.

« Mais présentement, je suis très bien où je suis », conclut-il.


Ce qu’il aime le plus

  • L’horaire, qui lui permet d’avoir bien du temps libre

Ce qu’il aime le moins

  • Être loin de sa famille et de ses amis