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Congédiement d'un lanceur d'alerte: le ministre Lamontagne dit s’être mal exprimé

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Contrairement à ce qu’il affirmait mercredi, le ministre Lamontagne dit n’avoir jamais autorisé le congédiement d’un agronome qui a alerté les médias et demande à la Protectrice du citoyen d’enquêter.

«J’ai fait une erreur [...] Je me suis mal exprimé», a déclaré le ministre de l’Agriculture André Lamontagne en conférence de presse lundi.

Mercredi, il disait avoir lui-même autorisé le congédiement de Louis Robert, un lanceur d’alerte qui avait dénoncé l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides.

M. Lamontagne et le premier ministre Legault avaient alors laissé entendre que l’agronome avait été renvoyé pour d’autres raisons alors que le coulage d’information est la seule évoquée dans la lettre de congédiement. Depuis, le ministre est sur la sellette.   

Revirement

Or, M. Lamontagne a admis lundi avoir induit la population en erreur. Ce n’est pas le rôle d’un ministre d’embaucher ni de mettre à la porte des fonctionnaires, a-t-il expliqué.

En réalité, le sous-ministre l’aurait simplement informé du congédiement. Il aurait ensuite posé des questions sur le processus ayant mené à cette décision.

Voyant qu’il s’agissait d’une enquête externe du ministère du Travail qui lui semblait «rigoureuse», il a décidé de l’endosser publiquement, a-t-il expliqué. Il n’a pas eu accès à un rapport ou au dossier complet.

«Propriétaire d’entreprise dans le passé, il m’est arrivé [...] d’aller au bâton pour mes employés. C’est ce que j’ai fait spontanément la semaine dernière».

Pour le politologue André Lamoureux, l’explication du ministre semble «honnête». Mais elle révèle aussi qu’il avait «parlé en non-connaissance de cause». 

Cette «erreur d’inexpérience» n’est pas la première du gouvernement Legault. Après l’expulsion de la ministre de l’Environnement MarieChantal Chassé, ce type de fausses notes témoigne peut-être d’un manque d’encadrement des ministres, suppose-t-il.

L’erreur de M. Lamontagne est aussi typique d’un politicien qui veut montrer qu’il est en contrôle de son ministère, observe de son côté Steve Jacob, professeur à l’Université Laval.

Faire la lumière

M. Lamontagne demande maintenant au Protecteur du citoyen de faire la lumière sur «l’ensemble du dossier». Il lui suggère notamment de vérifier si le renvoi de Louis Robert était justifié et de «confirmer que le ministre n’a eu aucune implication».

Ce dernier point a fait sursauter Richard Perron du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec.

«Il demande à la protectrice de lui laver les mains! [...] S’il se souciait vraiment de notre membre [Louis Robert], il l’aurait réintégré dans ses fonctions», dit-il.

M. Lamontagne affirme toutefois que cela n’est pas de son ressort.

De son côté, le Protecteur du citoyen dit ne pas pouvoir confirmer qu’il mènera une enquête puisqu’il intervient de façon confidentielle et indépendante.

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