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Faire carrière dans Lanaudière

father and son with drill working at workshop
Syda Productions - stock.adobe.com

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David Hervieux en avait assez de passer plus de trois heures dans sa voiture pour aller travailler au centre-ville de Montréal. Le programmeur a donc choisi de se lancer en affaires dans sa région d’origine, à Lavaltrie. Après cinq ans d’existence, sa firme spécialisée en TI, Devolutions, compte une centaine d’employés. Une histoire de succès à la lanaudoise, bien représentative de la santé économique de la région...  

«On fait face à une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée au Québec, partage David Hervieux, président fondateur de Devolutions. Ce que je constate, dans Lanaudière, c’est que de nombreux talents locaux sautent sur l’occasion de faire carrière dans leur région.»  

En s’étant établie hors des grands centres, la firme, qui œuvre dans le domaine des outils de gestion de connexions à distance, d’accès réseaux, de mots de passe et d’informations d’identification, peut plus facilement offrir à ses employés un environnement de travail stimulant: de grands locaux lumineux, une salle de jeux pour la détente, un terrain de volley-ball, des maisonnettes pour ses étudiants en stage, du stationnement à la porte...   

«On a les moyens de respecter nos valeurs en présentant un milieu de travail sain et convivial à notre monde», précise David Hervieux. Et comme 97% du chiffre d’affaires de l’entreprise est réparti dans 145 pays, l’éloignement relatif de Lavaltrie n’a aucun impact sur ses activités. Montréal n’est après tout pas vraiment plus près de Hong Kong!  

Travailler et vivre dans Lanaudière  

Comme la proximité entre la maison et le boulot est, pour certains, un facteur clé dans l’équation de la conciliation vie personnelle-vie professionnelle, Devolutions cherche à offrir un cadre de travail idéal pour le développement de ses employés, sans qu’ils subissent le stress lié aux déplacements.   

«Nos employés qui habitent à Montréal voyagent heureusement contre le sens du trafic. On souhaite toutefois encourager l’établissement dans la région, notamment en remboursant la taxe de bienvenue, dit le président de Devolutions. Épargner sur les droits de mutation peut être le petit coup de main qui permet à un employé de revenir dans Lanaudière... ou de la découvrir!»  

Il y a quelques années, Marc-André Moreau n’aurait pas pu situer Lavaltrie sur une carte routière. Le gestionnaire de produit chez Devolutions a grandi à Boucherville avant d'étudier à Montréal. Comme plusieurs de ses collègues, c’est l’attractivité de l’emploi offert par Devolutions qui l’a amené dans la région. Après six mois de navettage matin et soir, il mettait la clé dans la serrure de sa vie de citadin et prenait possession de sa nouvelle maison de Lavaltrie.  

«Je suis à cinq minutes du bureau, dit-il. Je peux même revenir manger à la maison le midi. Ma conjointe et moi craignions d’être plus loin de tout, mais on réalise que ce qui compte dans notre quotidien est plus près que jamais!»   

Une région, mille occasions  

Au-delà des postes de journaliers et d’ouvriers, Lanaudière affiche des besoins en travailleurs techniques (mécaniciens, soudeurs et opérateurs), en spécialistes du commerce de détail (vendeurs, conseillers et directeurs), mais aussi de professionnels (ingénieurs, concepteurs, infirmières et directeurs financiers). Les postes vacants exigent comme prérequis moins de six mois d’expérience, ce qui les rend attrayants pour les jeunes et les nouveaux diplômés.   

Autant le nombre de salariés que le nombre de postes vacants sont en progression depuis 2016 dans la région. La croissance économique de Lanaudière est estimée à 3,8 % en 2019, par rapport à 3,6 % pour l’ensemble du Québec, selon une étude économique de Desjardins parue en avril 2018. Le problème d’inadéquation entre les besoins du marché du travail et la formation et les compétences de la main-d’œuvre de Lanaudière est toujours d’actualité. «Comme employeur en TI à Lavaltrie, on se rend compte que la région est une vraie mine d’or en talents, conclut David Hervieux, et les travailleurs qualifiés partagent la même impression...»