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André Lamontagne a porté atteinte à la réputation de l’agronome Louis Robert, selon le Parti québécois

André Lamontagne a porté atteinte à la réputation de l’agronome Louis Robert, selon le Parti québécois
PHOTO D'ARCHIVES, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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André Lamontagne a porté atteinte à la réputation de l’agronome Louis Robert en laissant entendre qu’il avait été congédié pour une autre raison que son statut de lanceur d’alerte, en se fiant à «une intuition», selon le PQ.

«C’est une atteinte à la réputation, assurément, et on a induit les gens en erreur. Si M. Lamontagne insinue quelque chose, qu'il nous le prouve», a dénoncé le député péquiste Martin Ouellet en point de presse aujourd'hui.

Au matin, le ministre de l’Agriculture André Lamontagne a admis qu’il s’était fié à son instinct pour avancer cette accusation. «[C’était] une intuition. À la lumière des informations qui m’ont été données, j’ai pu avoir cette pensée-là», a-t-il avoué, penaud, en entrevue au micro de Paul Arcand, au 98,5 FM.

Il reconnaît maintenant que l’agronome-vedette a été mis à la porte parce qu’il a donné à Radio-Canada des «documents accablants» démontrant l’ingérence du secteur privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides.

Il disait exactement le contraire la semaine dernière. «Il faut être prudent, dans ce dossier. Jamais je ne prendrais une mesure contre quelqu’un qui dénoncerait quelque chose qui irait à l’encontre de la santé publique. Il y a un ensemble de facteurs, dans ce dossier, qui ne sont pas tous connus», avait-il affirmé jeudi lors du caucus de la CAQ à Gatineau.

Le premier ministre François Legault avait récidivé vendredi en point de presse. «Ce n’est pas la raison pour laquelle il s’est fait congédier. C’est ce que lui prétend, ce n’est pas ce que dit le sous-ministre», avait-il lancé.

Chassé comme Chassé?

Le PQ demande maintenant au gouvernement de «dire la vérité». «Quand tu dis la vérité, généralement, tu ne te mêles pas. Nietzsche, un célèbre philosophe, disait: “Ce n'est pas que tu m'aies menti, qui me fait de la peine, c'est que, maintenant, je ne peux plus te croire.”  Bien, là, on a de la misère à croire le ministre», a déploré Sylvain Roy. Le PQ demande maintenant à François Legault d'agir avec André Lamontagne avec le même jugement que dans le cas de MarieChantal Chassé, expulsée du Conseil des ministres en janvier. 

Il demande également à André Lamontagne de répondre sur le fond. «Est-ce que le ministre sait s'il y a des études qui démontrent, oui ou non, qu'il y a un danger pour la population ou l'environnement, qui n'ont pas été diffusées?» a-t-il demandé.

Premier grand test

Pour Québec solidaire, l’affaire Louis Robert est le premier grand test du gouvernement caquiste. «François Legault doit réintégrer le lanceur d’alerte dans ses fonctions», a lancé la chef parlementaire Manon Massé. Elle demande aussi un renforcement des lois sur les lanceurs d’alerte.

QS demande également plus de transparence concernant les études menées sur l’usage des pesticides au Québec. «On veut que les recherches soient rendues publiques. Sur le fond des choses, on ne l’a pas entendu se prononcer sur les recherches, les données qui n’ont pas été rendues publiques. Les producteurs agricoles veulent entendre ce que ces recherches ont à dire», a lancé la députée Émilise Lessard-Therrien.

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