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Devinez quel mal mystérieux afflige nos diplomates à Cuba?

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Photo Archives AFP

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La moitié de nos représentants à Cuba sont en train de faire leurs valises. Ottawa les rappelle par mesure de sécurité. Un autre employé de notre ambassade à La Havane, le quatorzième, a développé les mêmes étranges symptômes que des dizaines de diplomates canadiens et américains et leur famille depuis 2 ans.  

Le mal insolite se manifeste par des pertes d'audition, des vertiges, des maux de tête ainsi que des problèmes d'équilibre et de sommeil. Seuls des diplomates canadiens et américains ont été touchés. Aucune autre personne, diplomates d’autres pays ou citoyens cubains, n’a signalé de tels problèmes de santé. Au début de 2018, la maladie, maintenant appelée « « syndrome de La Havane » s’est propagée à des diplomates américains en Chine. 

Officiellement, on parle de «lésions importantes subies» mais on refuse de donner des explications détaillées. Aucune «victime» n’a été présentée aux médias. Aucun spécialiste n’est venu confirmer quoi que ce soit. Personne pour nous dire quelles modifications irrémédiables de la structure normale de tel organe les victimes ont subies. Où sont les photos, les scans, les rayons X ?  

Toutes les enquêtes médicales ou de sécurité sur cette affaire, tant à Ottawa qu’à Washington, sont entourées du plus grand secret. On a fait allusion, sous le couvert, à des « attaques soniques ». On laisse entendre que les victimes ont peut-être été la cible d’émissions infra ou ultrasoniques. Des experts en acoustique trouvent l’explication loufoque relevant de la science-fiction de bandes dessinées. 

Un scientifique a expliqué que pour disposer d’un faisceau d’ultrasons suffisamment puissant pour pénétrer les murs d’un bâtiment, il faudrait un énorme véhicule surmonté d’un canon sonique géant placé à proximité des ambassades ou des résidences des diplomates. Tout le quartier aurait donc été témoin des attaques. 

L’explication la plus bizarre et hilarante a été avancée par deux biologistes qui mettent en cause les effets néfastes du chant du cricket à queue courte des Indes (Anurogryllus celerinictus). Un chercheur de l’Université McGill, Gerald Pollack, spécialisé la neuroéthologie de la communication animale, a trouvé l’explication plausible. Mais pourquoi alors, ces moustiques jamaïcains s’en prennent-ils uniquement aux diplomates canadiens et américains ? 

Alors qu’en est-il ? 

Il est évident que lorsque de tels évènements se répètent dans des milieux restreints comme des ambassades, elles risquent d’induire des paranoïas. Si des collègues sont atteints de tels malaises inexplicables, ça va en amener certains à croire qu’ils sont, eux aussi, la proie des mêmes forces maléfiques indétectables.  

Les « maux» décrits par les victimes sont des manifestations classiques d’effets psychosomatiques. Des troubles physiques occasionnés ou aggravés par des facteurs psychiques. Les effets de l'esprit sur le corps humain. Sans doute pour éviter de mettre les «victimes» dans l’embarras, le Canada et les États-Unis n’évoquent pas la possibilité que ces malaises soient causés par «effet nocebo». Effet quoi?  

Bien moins étudié que l'effet placebo, l’effet contraire dit «nocebo», au lieu d'améliorer la santé d'une personne par la force de suggestion, il la détériore. 

En 2009, des résidents de Saint-Cloud en banlieue de Paris ont commencé à éprouver « d'étranges symptômes », maux de tête et autres sensations curieuses, après l’installation de trois antennes-relais de téléphone mobile dans le secteur.La maladie s’est propagée à la vitesse du bouche-à-oreille. Vingt-six pensionnaires d’une maison de retraite voisine, cruellement touchée par le mal mystérieux, ont porté plainte pour obtenir le démontage des antennes. Or, l’entreprise de téléphonie a démontré que les trois antennes n’avaient jamais encore émis la moindre onde puisqu’elles n’étaient pas encore alimentées en courant électrique. Une manifestation « clinique » de l’effet nocebo. Je pense que c’est ce qui arrive à Cuba. Lorsque j’ai demandé à Affaires globales Canada de commenter, on m’a répondu qu’on ne pouvait pas invoquant des considérations de vie privée des victimes. 

L’« effet nocebo » est l’explication la plus rationnelle et la plus évidente de cet étrange phénomène compte tenu des extraordinaires moyens d’enquêtes scientifiques et techniques déployés, sans succès, depuis deux ans par les États-Unis, le Canada et Cuba pour découvrir l’origine de ces malaises. 

Sinon, il faudrait conclure qu’ils sont le fait d’entités en transit d’une autre dimension ! La sixième ou la septième, je ne sais trop ! La physique quantique doit y être pour quelque chose. Je vais consulter l’esprit de Werner Heisenberg. Werner es-tu là? 

Ça, c’est l’effet parano qui menace les adeptes de théories conspirationnistes ! 

 

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