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L’opposition s’inquiète, la CAQ se veut rassurante

Éric Caire. Ministre
Photo Agence QMI, Simon Clark Éric Caire. Ministre

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Même si la CAQ se veut rassurante après avoir annoncé ses intentions de confier les informations numériques du Québec à des entreprises privées comme Amazon, l’opposition s’inquiète pour la vie privée des Québécois.

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a annoncé vouloir placer les données des Québécois dans un système infonuagique appartenant à des entreprises privées.

Des experts en sécurité informatique soulignaient à notre Bureau d’enquête mardi qu’une telle décision pouvait mettre en péril la vie privée des Québécois, surtout si un contrat était donné à une firme américaine comme Amazon ou IBM.

Les lois américaines comme le Patriot Act et le Cloud Act ont été évoquées par les experts, car elles donneraient des pouvoirs exceptionnels au gouvernement de Donald Trump, lui permettant d’examiner nos données en invoquant le prétexte de la sécurité nationale.

Protéger les données

Le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, a voulu rassurer la population. Il indique que le Patriot Act ne s’appliquait pas à l’heure actuelle et que le Cloud Act concerne seulement les citoyens américains.

« On prend toutes les mesures contractuelles pour s’assurer des dispositions légales, pour s’assurer que nos données seront protégées et bien protégées, a déclaré M. Caire. Les gens avec qui on va faire affaire devront répondre à des standards de sécurité très élevés ».

De plus, le ministre souligne qu’il existe des ententes de collaboration entre les gouvernements canadien et américain sur la transmission de renseignements dans un contexte de lutte à la criminalité et au terrorisme.

Si le gouvernement décidait de créer son propre nuage « sécurisé » pour l’ensemble des données des Québécois, il en coûterait 300 M$ au lieu des 150 M$ prévus pour ce projet. Le Québec n’a pas les moyens, estime le ministre.

Il espère néanmoins que des firmes québécoises tenteront de se qualifier pour obtenir les contrats des ministères et organismes.

Très inquiets

Néanmoins, l’annonce de la CAQ inquiète les partis d’opposition à l’Assemblée nationale. « Théoriquement en vertu du Patriot Act, tu peux avoir un gouvernement américain qui intervient dans les données québécoises. C’est assez inquiétant », souligne le chef par intérim du PLQ et ex-président du Conseil du trésor, Pierre Arcand.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s’est également dite « définitivement inquiète ».