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Le pilote des stars: un premier grand reportage pour le Bureau d’enquête sur Club illico

FD-NORMAND-DUBE
Photo PIERRE VIDRICAIRE

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Le «pilote des stars», Normand Dubé, a été condamné, le 10 décembre dernier, à sept ans de prison pour avoir causé la plus importante panne d’électricité jamais vue dans la province.  

C’est la rocambolesque saga judiciaire autour du personnage médiatisé qu’est Normand Dubé que reconstitue, avec moult informations, témoignages (Dubé lui-même, avocats, journalistes, amis, direction d’Hydro-Québec) et extraits d’archives, le premier grand reportage du Bureau d’enquête de Québecor destiné à Club illico. Le reportage Le pilote des stars est réalisé par la journaliste Marie-Christine Noël et par la réalisatrice Ninon Pednault.   

Voici la bande-annonce du reportage:

 

► L’émission d’une heure est disponible pour visionnement dès maintenant si vous êtes membre du Club illico.

Elle raconte «l’affaire Normand Dubé», depuis la panne d’électricité causée par l’homme sur une ligne de haute tension à partir de son avion, le 4 décembre 2014, jusqu’à sa condamnation. Ce méfait a plongé 180 000 résidences du Québec dans le noir et a coûté 30 millions $ à Hydro-Québec.   

L’émission d’une heure, qui se dévore comme un suspense, joue constamment sur la mince ligne qui sépare les preuves accablantes existantes contre Dubé et la version de ce dernier, qui clame toujours son innocence et qui ira d’ailleurs en appel.   

«D’un côté, des gens se disent que ce gars-là est assez intelligent pour l’avoir fait. De l’autre, d’autres personnes soutiennent que c’est impossible de l’avoir fait comme ça. Même à ce jour, les gens autour de lui se posent encore des questions», a dit Marie-Christine Noël.   

«Même si on donne beaucoup d’informations, il y a quand même une grande zone d’ombre qui demeure. On ne résout pas tout à la fin», a précisé Ninon Pednault.   

Dans Le pilote des stars, on expose avec justesse la personnalité explosive du pilote, de même que les nombreux rebondissements ayant ponctué son passage en cour, comme la controverse touchant un témoin s’étant exprimé sous hypnose et le suicide d’un autre témoin principal le premier jour du procès.   

► Marie-Christine Noël a été reçue sur le plateau de Denis Lévesque pour présenter son reportage.

 

À huis clos  

Pour Le pilote des stars, Marie-Christine Noël a épluché minutieusement les 4000 pages de documents de cour où étaient retranscrits, recto verso, les échanges du procès de Normand Dubé.   

«J’ai tout lu, spécifie-t-elle. Rien ne m’a échappé.»   

«On a des éléments qui ne sont jamais sortis ailleurs, parce qu’on a pris le temps de tout décortiquer», signale Ninon Pednault.   

Ninon Pednault reporter vidéo et la journaliste Marie-Christine Noël.
Photo Chantal Poirier
Ninon Pednault reporter vidéo et la journaliste Marie-Christine Noël.

Un avocat de Québecor a dû demander d’avoir accès à ces écrits, en invoquant l’intérêt public et le droit à l’information.   

«Ç’a quand même coûté 30 millions $, fait remarquer Marie-Christine Noël. Si ç’a coûté 30 millions $ à Hydro-Québec, ce sont les contribuables qui vont payer...»   

Or, plusieurs de ces pages étaient caviardées, parfois en entier, car les informations qu’elles contenaient – et qui demeureront secrètes à tout jamais – pourraient compromettre la sécurité nationale.   

C’est pour cette raison que le procès de Normand Dubé s’est tenu à huis clos, ce qui a passablement compliqué le travail des journalistes dans leur couverture du procès. C'est ce qui fait affirmer aux deux créatrices du reportage qu’elles devaient ainsi raconter une histoire «où il manque plein de bouts».   

«C’est arrivé souvent que je me sois déplacée à Saint-Jérôme, et que, après quatre minutes, on me demande de sortir de la salle, relate Marie-Christine Noël. Il y avait beaucoup de huis clos, d’ordonnances de non-publication, de certificats de sécurité nationale.»  

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec la journaliste Marie-Christine Noël à l'émission Dutrizac de 6 à 9 sur QUB radio :

Ainsi, pour le film, la journaliste a élaboré un lexique détaillé, approuvé par un conseiller juridique, pour déterminer quels mots pouvaient être prononcés, ou pas.   

«On ne veut rien saboter, assure Marie-Christine Noël. On veut montrer ce qui s’est passé en cour, ce qu’on est capables de dire au public, ce que Normand Dubé vit, ce que les gens autour de lui vivent depuis qu’il a été arrêté, et comment Hydro-Québec a dû gérer cette situation-là.»   

«Ce n’est pas n’importe quoi, on est passés à côté du "blackout", d’une panne provinciale. Une ligne de plus, et ça y était! Des dégâts de 30 millions $, on n’a jamais vu ça.»   

Caractère bouillant  

Tout au long de la vidéo, Normand Dubé donne son point de vue à l'aide de son langage coloré. Le spécialiste de l’aviation n’a jamais hésité à collaborer avec Marie-Christine Noël et Ninon Pednault, jurent ces dernières.   

«Ça n’arrive pas souvent, dans un tel projet, que la personne ciblée dans un procès accepte de nous parler autant, pendant un an de saga judiciaire, observe Marie-Christine Noël. Il était toujours là, toujours disponible.»   

«C’est pour ça qu’il s’appelle le "pilote des stars". Il aime les kodaks. Il n’a jamais eu peur...»   

Le pilote en compagnie de Bruni Surin
Photo courtoisie
Le pilote en compagnie de Bruni Surin

Les deux journalistes n’ont toutefois jamais cherché à glorifier Dubé à travers leur compte-rendu.   

«On n’a jamais dit qu’on allait faire son apologie, martèle Ninon Pednault. On met cartes sur table. Même lui était au courant.»   

«On voit bien son caractère bouillant», note Marie-Christine Noël.