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Téo Taxi était endetté jusqu’au cou

Des repreneurs se montrent cependant déjà intéressés par les actifs de la société

Taxi
Photo Christopher Nardi Alexandre Taillefer a lancé Téo Taxi le 18 novembre 2015 à Montréal. L’homme d’affaires promettait 1000 taxis électriques dans la métropole avant la fin de 2017. On voit sur la photo des chauffeurs qui participaient à la conférence de presse lors du lancement.

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Téo Taxi et sa société mère, Taxelco, traînaient des dettes de 25 M$ lorsque le groupe d’Alexandre Taillefer s’est placé à l’abri de ses créanciers, la semaine dernière.

Près de la moitié de cette somme, soit 10,2 M$, a été empruntée à la Banque Nationale, indique un document déposé en Cour supérieure vendredi. C’est l’institution financière qui a demandé au tribunal de déclarer Taxelco insolvable. Le 19 décembre, elle avait déjà envoyé un « avis de défaut » à l’entreprise.

Les autres créanciers importants sont le ministère de l’Économie (4 M$), Fondaction CSN (3,6 M$), FinTaxi/Fonds de solidarité FTQ (1,8 M$), la firme Finalta Capital (1,5 M$) et Développement économique Canada pour les régions du Québec (975 000 $).

Dettes garanties

Benoît Guigues, associé au cabinet comptable Richter et contrôleur de Taxelco, a indiqué hier au Journal qu’il était encore trop tôt pour dire quelle proportion des 25 M$ allait pouvoir être récupérée. Notons que certaines créances liées à des permis de taxi et à des crédits d’impôt sont garanties au moyen d’actifs.

À ces sommes s’ajoutent les fonds publics investis dans des actions de Taxelco, qui seront vraisemblablement perdus en entier : environ 15 M$ par la Caisse de dépôt, 10,4 M$ par le Fonds FTQ et 2,8 M$ par Fondaction. De plus, Transports Québec ne reverra pas sa subvention de 5 M$.

Pour ce qui est des quelque 200 voitures électriques de Téo Taxi, dont 42 luxueuses Tesla, elles ont déjà été remises aux trois firmes qui les ont financées ou qui les offraient en location. Certains véhicules pourraient notamment être mis en vente par l’une de ces entreprises, le groupe automobile Deragon de Cowansville.

« Il faut d’abord régler la paperasse », a expliqué hier un représentant de Deragon.

En tout ou en partie

M. Guigues a précisé que des acheteurs potentiels se sont déjà manifestés pour les deux principaux actifs de Taxelco : le réseau traditionnel composé de Taxi Diamond et de Taxi Hochelaga, qui compte près de 1300 chauffeurs, et Téo Techno, propriétaire du système informatique développé pour Téo Taxi.

« Il y a [des acheteurs potentiels] qui ont démontré un intérêt pour la technologie, mais il y en a beaucoup qui démontrent un intérêt pour le taxi traditionnel et il y en a qui démontrent un intérêt pour l’ensemble », a affirmé le contrôleur.

Celui-ci recevra les offres jusqu’au 4 mars et espère conclure la ou les transactions le 29 mars.

« On travaille d’arrache-pied pour mener un processus en accéléré », a-t-il dit.

Les Montréalais sont pour

Pour l’instant, aucune relance de Téo Taxi n’est prévue.

Cette filiale de Taxelco sera directement mise en faillite, apprend-on dans la requête déposée en cour par la Banque Nationale.

Un récent sondage Léger révélait que 79 % des Montréalais souhaiteraient le retour d’un service de taxis électriques dans la métropole.