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Caméras portatives au SPVM: Montréal n’a pas l’intention de les implanter

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Montréal n’a pas l’intention d’acheter des caméras portatives pour les policiers, la mairesse Valérie Plante estimant que cette technologie est trop coûteuse et pas à point. 

« L’investissement majeur pourrait valoir la peine si la technologie était au rendez-vous et qu’elle nous assurait justement de pouvoir augmenter le sentiment de sécurité et de nommer certains comportements jugés problématiques, mais ce n’est pas le cas. La technologie n’est pas au rendez-vous », a soutenu mercredi la mairesse. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue d’André Durocher, inspecteur à la division des communications du SPVM: 

Le SPVM avait présenté la semaine dernière à la Commission de la sécurité publique les résultats de son projet-pilote mené en 2016 et 2017. Les résultats avaient été peu concluants, alors que les caméras ont eu peu d’effet sur les interventions des patrouilleurs selon le corps policier. 

De plus, mettre en place ces caméras coûterait 24 M$ par année, plus 17 M$ pour implanter ce système en cinq ans. Valérie Plante a expliqué que le dossier avait été évalué conjointement par le SPVM et les services de la Ville, affirmant aussi que d’autres villes s’étaient rétractées après avoir lancé des projets-pilotes. 

« Ce n’est pas être pour ou contre les caméras portatives, on voit qu’il y a certains avantages et on ne les nie pas au contraire », a-t-elle reconnu, assurant ne pas fermer « à jamais » la porte à cette technologie. 

L’opposition déçue 

Le chef de l’opposition Lionel Perez a plus tard critiqué le fait que Valérie Plante ne s’oppose pas aux caméras portatives, mais trouverait des raisons pour « torpiller » cette initiative. 

« La décision de la mairesse démontre un manque de leadership grave où elle se fait dicter par le SPVM une orientation politique très importante. Ça démontre qu’elle est déconnectée de la population montréalaise et de sa volonté, notamment des communautés culturelles et des minorités visibles », a-t-il déploré. 

Selon l’élu, cette technologie permettrait d’améliorer la transparence et la confiance des Montréalais envers leur service de police. 

La Ligue des droits et liberté s’est aussi montrée déçue du choix de Montréal puisqu’elle aurait souhaité que les citoyens soient consultés dans le cadre de consultations publiques plus larges avant qu’une décision soit prise. 

« Il aurait été beaucoup plus bénéfique, pour remplir les objectifs de transparence et d’imputabilité, que la population puisse intervenir sur la question. Il y a des enjeux qui n’ont pas été traités dans le projet-pilote, c’est une perspective policière dépeinte dans le projet-pilote », a déclaré la porte-parole pour la Ligue Lynda Khelil. 

La Fraternité des policiers et policières de Montréal a dit prendre acte de la décision de l’administration de Valérie Plante, mais n’a pas commenté ce dossier.