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Le hijab n’est pas un choix personnel

Le hijab n’est pas un choix personnel
Photo AFP

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Une des premières découvertes de la sociologie a été de démontrer que ce qui apparaît à prime abord comme un choix personnel peut en fait provenir de pressions sociales immenses. Le port du voile islamique fait parti de cette catégorie de phénomènes. 

Faire la démonstration que ni le hijab, ni le voile islamique en général, ne sont des choix personnels demanderait une étude approfondie qui n’est pas possible dans un blogue. Néanmoins, il existe des raisons sérieuses de penser que les femmes qui portent le voile ne le font pas par choix individuel, même si elles en ont l’impression. 

Le voile et l’obligation d’aller à la messe 

Par exemple, avant la Révolution tranquille, la majorité des Québécois se rendaient à la messe le dimanche. Un choix en apparence tout personnel. En réalité, beaucoup étaient persuadés que ne pas aller à la messe les mènerait directement en enfer. Un choix personnel ? Oui, auraient-ils soutenu, le choix d’aller ou non en enfer. De même, pour plusieurs musulmans, le port du voile est un signe de piété. Une façon d’éviter l’enfer. Un choix personnel soutiennent-ils. Mais ce choix, comme chez certains chrétiens, est lié à une conception du monde soigneusement entretenue par les autorités religieuses. En ce sens, le choix des femmes musulmanes n’est pas du tout libre. Pas plus que l’était autrefois le choix des catholiques d’aller à la messe le dimanche. 

Des systèmes de croyance qui s’opposent aux démocraties 

Les systèmes de croyance religieux s’opposent aux pratiques démocratiques. C’est que la démocratie redonne aux citoyens le pouvoir sur eux-mêmes. (Très imparfaitement, certes, mais le débat n’est pas ici.) Dans le cas de l’islam rigoriste, le système d’autorité concurrent passe par la charia. Porter le voile constitue un manifeste d’adhésion à cet islam rigoriste. Il apparaît comme un signal de rejet de la démocratie. C’est la raison pour laquelle le voile est aussi rejeté par les musulmans de plusieurs pays musulmans qui aspirent à la démocratie. 

Le Québec vacciné 

Or, le Québec a été pour ainsi dire vacciné contre les excès de l’église catholique. La récente réaction de condamnation unanime contre l’archevêché de Montréal qui faisait la promotion d’un livre catholique d’éducation sexuelle destiné aux enfants est la preuve que le vaccin tient toujours. Le vaccin immunise aussi contre les dérives d’autres religions, comme l’islam. 

Vaccin manquant ailleurs 

Le problème est que ce vaccin n’a pas été administré massivement au Canada anglais ou aux États-Unis. Il n’a pas été administré non plus à bien des musulmans qui sont venus vivre ici. Encore que les Algériens et les Tunisiens, pour ne prendre que ces exemples, ont été soumis à un vaccin similaire. Mais comme chacun sait, un vaccin est rarement efficace à 100%. 

Voile et liberté de conscience 

La plupart des Québécois reconnaissent dans le voile un signe de contrainte religieuse semblable à ce que l’église catholique leur a fait endurer. Ils veulent donc que les musulmans s’émancipent à leur tour de la religion. Ils veulent que les femmes musulmanes soient libres. Celles qui portent le voile ne le sont pas. Répétons-le, le voile est un des symboles d’une forme intolérante d’islam. Un islam qui s’attaque sciemment et effrontément à la démocratie.  

En fait, pour beaucoup de Québécois, le rejet du voile est une manifestation de générosité envers ceux qui ne sont pas libérés de l’emprise de la religion. C’est aussi un réflexe sain de protection contre un ordre religieux qu’ils ne veulent pas voir revenir, de peur de perdre à nouveau leur liberté de conscience. 

Un effort commun contre les sottises religieuses 

Le vaccin contre les excès de la religion ne peut pas provenir que de l’État et de la loi. Lors de la Révolution tranquille, les leaders d’opinion de tous les milieux ont convaincu les Québécois que l’église catholique leur faisait peur avec des sottises de toutes sortes. Le même effort pédagogique doit être entrepris avec d’autres religions, et dans le cas qui nous occupe, avec les sottises propagées par un certain islam.