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Les fonctionnaires et le secret du hijab

Le ministère de l'Éducation avait un sondage sur les signes religieux

Les fonctionnaires et le secret du hijab
Photo d'archives

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Plus que simple fonctionnaire, Joaquim Oliviera avait toutes les questions gênantes posées par le ministère de l’Éducation sur la présence du religieux dans le réseau scolaire! Les réponses aussi!   

On aurait donc pu s’épargner les éructations du vociférateur de la FAE, Sylvain Mallette, et le zinzinulement de Miss Commission scolaire, Catherine Harel-Bourdon, toujours premiers ces deux-là, à la télé comme au créneau, à défendre le hijab...    

M. Oliviera est «conseiller», oui monsieur, à la Direction des services d’accueil et d’éducation interculturelle, oui monsieur. C’est de cette obscure officine, ce petit trou d’hirondelle dans la hiérarchie ministérielle qu’est parti en décembre 2018 le sondage sur les signes religieux dans les écoles du Québec.    

Des renseignements essentiels à la Direction de l’intégration linguistique et de l’éducation interculturelle, le demi sous-sol des Relations interculturelles, des Autochtones et du Réseau éducatif anglophone de l’incomparable ministère de l’Éducation du Québec.     

Ils étaient naturellement d’un intérêt certain pour les hussards Georges Lemieux et Steven Colpitts, au garde-à-vous et aux ordres de Sylvie Barcelo, sous-ministre en titre et future abonnée du RRÉGOP...    

Depuis la fin 2018 donc, tout ce beau monde savait, ou devait savoir, que plus d’un millier de directeurs d’école et/ou leurs adjoints avaient répondu au sondage Oliviera. Oui, le hijab est en vogue ici et là. Mais on ne sait pas vraiment. Peut-être y a-t-il aussi une petite croix, une kippa ici ou là mais les Bérêts blancs sont en voie de disparition et le yiddish marginal, c'est le voile islamique qui intéresse les gouvernements, ici comme ailleurs...    

Des milliers d’autres directeurs, et/ou leurs adjoints, n’ont tout simplement pas répondu, faute de temps, d’intérêt, ou à cause des rabais d’Air Transat...    

Enfin bref, les condors du ministère voulaient savoir ce qui se passe dans leur royaume, là-bas, au loin, derrière l’horizon et les murs délabrés, là où les mouches forniquent dans les champignons...    

La présence des signes religieux dans les écoles, ils en ont pris la mesure avant le nouveau gouvernement caquiste qui, naïvement, avait choisi le téléphone pour s’informer. «Oui, allo, c'est à propos du hijab. Y en a-tu chez vous?.»    

Alors, quand la CAQ a contacté les commissions scolaires pour savoir, les syndicats étaient prêts, dressés sur leurs petites pattes, protestant comme ils le font à la moindre occasion. C'était quasiment la fin du monde!    

Fidèle à elle-même et à sa généalogie, Madame Harel-Bourdon, la baronne de la commission scolaire de Montréal, fut outrée, elle aussi.    

Les fonctionnaires et le secret du hijab
Photo Camille Laurin-Desjardins

C’est comme si on ne voulait pas que tous sachent, ni même le gouvernement, ce que fonctionnaires et syndicats savent déjà. Peut-être trouvent-ils que le peuple est trop con... Les libéraux n’auraient même pas été au courant, c’est tout dire de l’importance de ce petit secret...    

Le ministère sait parfaitement que nombre d’enseignantes et de fonctionnaires affichent leur croyance. 16% des effectifs, au moins, selon le sondage du ministère, complété par la MOITIÉ des établissements.     

Le hijab est surtout répandu chez les enseignantes et le personnel de soutien, c’est-à-dire parmi les emplois les moins payants...    

On présume que des centaines de femmes portent le voile islamique. Dans le même établissement, elles sont au moins 25, ce qui doit faciliter la gestion des congés à la Fête du mouton.    

L'affaire devient de plus en plus délicate, du fait du nombre grandissant. Une loi peut-elle interdire subitement le voile aux enseignantes mais le permettre aux fillettes en classe comme aux commis de bureau et aux ménagères scolaires?    

Après dix ans de valse-hésitation, on en a tous un peu marre de ces questions mais qu’est-ce qu’on fait? Soit on laisse faire, comme en France et ailleurs, et on s’énerve quand il sera trop tard. Soit on empêche l’islam de faire son nid. Le plus risqué sera de déplaire à Justin Trudeau, Notre Prophète à Nous...