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Une innovation québécoise pour encourager le mode de vie zéro déchet

Valérie Laliberté (à gauche) et Elizabeth Coulombe
Crédit: JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUÉBEC Valérie Laliberté (à gauche) et Elizabeth Coulombe

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Les bacs à compost seront peut-être bientôt désuets grâce à Elizabeth Coulombe et Valérie Laliberté, les femmes d’affaires derrière Tero. L'entreprise est à la base d’un électroménager capable de réduire les résidus alimentaires en fertilisant en quelques heures. En moins de deux ans, l’initiative a valu de multiples prix aux entrepreneures et leur réputation dans le milieu de l’innovation écoresponsable au Québec est bien établie.

Le fonctionnement de l’électroménager est relativement simple : avec un processus de déshydratation et de broyage, les aliments déposés dans le bac de 5 litres sont réduits en quelques heures en poudre fertilisante inodore, qui peut être utilisée pour nourrir les plantes, le potager ou le gazon.

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C’est à l'occasion d'un baccalauréat en design de produits à l'Université Laval qu'Elizabeth et Valérie ont fait connaissance.

Partageant des intérêts communs, les étudiantes dans la vingtaine ont décidé de s’allier pour leur projet de fin d’études. «On devait proposer une solution à une problématique sociale et on s’est intéressé à la gestion des déchets», raconte Elizabeth.

Elles ont choisi de s’attaquer au compostage. «Après avoir sondé des spécialistes et des citoyens, on a réalisé qu’il y avait une forte demande pour un outil écoresponsable, facile à utiliser et efficace pour se débarrasser de ses résidus alimentaires à la maison», poursuit Valérie.

Un processus bien pensé

Les bachelières ont bûché dur pendant un an pour élaborer leur projet Tero. «En plus de développer notre prototype, on a dû ériger un modèle d’affaires dans l’optique de rendre notre produit vendable», explique Valérie.

Leur objectif: créer un électroménager capable de réduire considérablement la quantité de déchets alimentaires produite par une famille de deux parents et deux enfants, sans les désagréments liés au compostage comme les odeurs nauséabondes et les contraintes d’espace.

Elles ont fait appel au Centre de soutien en recherche industrielle du Québec (CRIQ) afin d’avoir accès à des ingénieurs capables de fournir la technologie adéquate.

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Les partenaires ont présenté leur prototype à leurs collègues en design de produits lors de l’exposition de fin d’année en 2017. «On a tout raflé! lance Valérie. Les gens venaient nous voir pour nous demander si on allait commercialiser le produit parce qu’ils étaient intéressés».

Cet engouement a motivé le duo à s’aventurer dans l’entrepreneuriat. «On s’est dit que si on ne le faisait pas, quelqu’un d’autre le ferait».

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Un début de parcours prometteur

Elles se sont d’abord séparé les tâches. Elizabeth s’occupe de l’aspect administratif et Valérie du développement du produit.

«La première année, on a pris le temps de structurer notre entreprise en établissant un plan d’affaires. On s’est aussi inscrit à des concours pour avoir du financement», explique Valérie.

Cette décision s’est avérée judicieuse, puisqu’elles ont remporté plusieurs prix, comme l’une des Bourses Pierre-Péladeau, remises à des entreprises innovatrices ayant une conscience environnementale. «Ça nous a permis de ramasser assez de sous et de nous bâtir un bon dossier pour aller chercher des subventions gouvernementales dans le développement technologique», ajoute Elizabeth.

À l’heure actuelle, le modèle présenté par le duo de Québec n’est qu’un prototype. La mise en marché ne se fera pas avant 2020 lorsque le produit sera optimal. 

«On souhaite lancer notre campagne de sociofinancement cet été, où les gens pourront précommander notre produit», explique Valérie. Plus de 4000 personnes se sont déjà inscrites sur leur site Web afin d’être alertées lorsque la campagne entrera en vigueur.

«On vise tout le monde. Autant les citoyens qui sont intéressés au mode de vie zéro déchet que ceux qui veulent faire une petite différence à la maison».

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Pour ce qui est du prix, dur à dire en ce moment pour les créatrices de Tero. «On veut que ce soit rentable, de qualité et accessible pour monsieur et madame Tout-le-Monde. On essaie de trouver un bon équilibre entre tout ça», confesse Elizabeth.

Un futur ambitieux

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Bien qu’elles aient gagné des sommes considérables avec les concours, Elizabeth et Valérie ne peuvent compter sur leur projet présentement pour garnir leur porte-monnaie. «On tient tellement à ce que notre produit soit vite sur le marché qu’on met tout notre argent là-dedans», avoue Valérie.

Elizabeth complète actuellement un MBA en gestion des entreprises, ce qui lui permet d’avoir accès à des prêts et bourses. De son côté, Valérie profite de contrats en design de produits pour assurer une certaine rentrée d’argent. «Il faut dire qu’on vit encore chez nos parents et qu’on fait de grands efforts pour économiser», renchérit Elizabeth.

«On espère un gros débit de ventes dans un futur rapproché. On vise le Québec comme zone commerciale au départ, mais on veut exporter notre produit partout sur la planète d’ici 5 ans si tout va bien», admet Valérie.

Le duo ne compte pas se limiter qu’à son produit actuel dans le développement de la compagnie. «On aimerait créer de nouveaux produits dans les secteurs industriels et la restauration toujours en restant dans la gestion des déchets alimentaires». «On aspire à devenir une référence incontournable dans le domaine», complète Elizabeth.
 


Vous pouvez suivre les aventures d'Elizabeth et Valérie sur la page Facebook de Tero. 

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