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Amalgame et raison

Amalgame et raison
Photo Simon Clark

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Les États-Unis ont perdu la guerre en Afghanistan. La ministre Charest voit le port de signes religieux comme une forme d’oppression. La mairesse Plante préfère naïvement croire que l’éducation et le travail suffiront à libérer les femmes de l’emprise religieuse. Les États-Unis se lancent dans un coup d’État au Venezuela. Loin de chez nous, les nouvelles se bousculent et nous entrainent dans d’étranges liens non dépourvus de sens!

La nouvelle n’a pas semblé percer l’écran chez nous, elle rappelle toutefois que 162 Canadiens, pour la plupart des jeunes, sont allés mourir inutilement en Afghanistan. En effet, les négociations qui ont cours depuis plusieurs mois entre les États-Unis et les Talibans sont pratiquement terminées et permettront au président Trump de rapatrier les troupes cantonnées dans ce pays. Cependant, il faut savoir que cette négociation ramènera les Talibans au pouvoir en alliance avec l’opposition au gouvernement actuel et devrait permettre l’installation d’un régime islamiste modéré, du moins au début. Ainsi, la charia émergera à nouveau, la mixité scolaire s’évanouira et les femmes devront se voiler encore plus. 162 morts pour la liberté? Non, pour une guerre sale! Les États-Unis voulaient contrôler la route du pétrole dans cette région du globe.

La ministre Isabelle Charest a fait une rentrée remarquable comme nouvelle titulaire de la condition féminine. Elle a dit tout haut ce que plusieurs pensent avec raison. Les religions sont loin de propager l’égalité entre les hommes et les femmes et elles incluent des pratiques qui sont opprimantes à l’égard de celles-ci. Le port de certains signes religieux est un exemple concret que des contorsions intellectuelles ne sauraient effacer. Plusieurs se plaignent de la langue de bois des politiciens, mais quand ceux-ci s’expriment à l’encontre de leurs croyances, ils s’empresseraient de leur couper la langue. Le respect du droit des uns à pratiquer la religion de leur choix ne doit pas constituer une entrave au droit de critiquer les religions, y compris pour une ministre veillant à l’égalité entre les femmes et hommes. Le mutisme ne peut que constituer un terreau fertile pour la montée de l’intégrisme.

En prenant connaissance des propos de la mairesse Plante affirmant qu’elle refuserait de procéder à une recension des employés qui portent des signes religieux parce qu’elle y voyait du profilage et de la discrimination, je l’imaginais rencontrant quelques Afghanes émancipées qui devront se voiler parce qu’abandonnées par leurs dirigeants. Liberté et égalité sont des valeurs chères, mais très volatiles si on n’y prête pas attention et qu’on préfère s’égarer dans des accommodements déraisonnables au nom d’une fausse paix sociale. L’instruction et le travail ne suffisent pas aux femmes pour s’émanciper si on les laisse à la merci de certaines pressions communautaires

Maintenant prêt à sortir d’Afghanistan, les États-Unis voudraient, au nom de la démocratie, se lancer dans une nouvelle guerre au Venezuela pour en chasser le dictateur Maduro. Une autre intention américaine drapée d’une fausse noblesse pour prétendument rétablir la démocratie, mais qui finalement vise à s’approprier les ressources pétrolières du pays. Le Canada s’est prêté à la mascarade, cependant le premier ministre Trudeau refuse d’envisager l’intervention militaire et c’est tant mieux. Les dictatures ne dérangent pas les États-Unis. À ce propos, la CIA a contribué pour installer le dictateur Pinochet et à éliminer Allende le président élu au Chili. À l’époque, monsieur Chrétien avait préféré jouer les valets de pied des États-Unis en sacrifiant la vie de jeunes Canadiens en Afghanistan, espérons que le premier ministre Trudeau saura se distinguer en refusant d’être le nouveau pion au Venezuela.

La meilleure manière de lutter contre l’oppression, c’est de commencer avec celle qui germe chez nous!