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Gouvernance à la Caisse: le ministre Girard ne veut pas s’en mêler

Gouvernance à la Caisse: le ministre Girard ne veut pas s’en mêler
Photo Simon Clark

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QUÉBEC | Bien que le ministre Éric Girard admette que la Caisse de dépôt et placement du Québec est dans une situation où elle «ne devrait pas se trouver» avec l'une de ses filiales, il refuse de dire si les règles de gouvernance devraient y être resserrées.  

«Ça, c’est une question pour l’institution», s’est contenté de dire le ministre des Finances, aujourd'hui, lors d’une mêlée de presse.  

Notre Bureau d’enquête a révélé aujourd'hui qu’une filiale appartenant à 78 % à Otéra Capital, la Société financière MCAP, avait accordé un prêt de 3,3 millions de dollars à une firme du président d’Otéra et de son ex-femme pour le financement d’un immeuble à revenus à Côte-Saint-Luc. Otéra Capital est elle-même une filiale de la Caisse.  

Sans vouloir s’ingérer dans les décisions de la Caisse, M. Girard reconnaît qu'une «solution» permettrait de dissiper toute apparence de conflit d’intérêts, où il «est absolument interdit de faire des investissements dans le domaine pour lequel on travaille».  

«J’ai pleinement confiance envers les dirigeants de la Caisse. M. Sabia est en contrôle de la situation. Ils ont des règles d’éthique, des règles pour les conflits d’intérêts, des règles pour la gouvernance», a-t-il indiqué.  

Cependant, «nous devons nous assurer que les règles ont été suivies et regarder si elles peuvent être améliorées», a-t-il ensuite ajouté, en anglais.  

Intervention policière?  

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, ne croit pas nécessaire, pour le moment, qu’une enquête policière soit menée concernant les révélations de notre Bureau d’enquête.  

«Si M. Sabia sentait le besoin d’aller plus loin dans cette investigation, d’avoir recours à l’appui de services externes, de corps policiers, évidemment, on sera au rendez-vous», a-t-elle précisé.  

Un corps policier pourrait cependant décider de mener une enquête s’il recevait une plainte en ce sens, mais «on n’est manifestement pas à ce stade-là», a-t-elle ensuite dit.  

Plus tôt aujourd'hui, Québec solidaire demandait que le dossier de la Caisse et de ses filiales soit confié à l’Unité permanente anticorruption, mettant en doute l’indépendance de l’enquête interne que doit mener la Caisse sur ses propres dirigeants.  

«Il y a un problème grave à Otéra, il y a un problème grave à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Pour nous, l’effet cumulatif des révélations des derniers jours justifie que l’UPAC se penche sur la question», a indiqué le porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois, lors d’une mêlée de presse.

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