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Menstruellement vôtre

Kiran Ghandi (à gauche) a beaucoup  fait parler d’elle après avoir couru le marathon de Londres sans protection hygiénique en 2015.
Photo Instagram Kiran Ghandi (à gauche) a beaucoup fait parler d’elle après avoir couru le marathon de Londres sans protection hygiénique en 2015.

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Le 8 mars, nous allons célébrer la Journée internationale des femmes. Peu de femmes feront des frais pour l’occasion. Le féminisme leur a glissé d’entre les mains pour atterrir entre celles d’extrémistes déconnectées de la vie des femmes « ordinaires ».

La Fédération des femmes du Québec priorise désormais les femmes de la marge. Au diable les Blanches straight de banlieue. Même si elles gagnent toujours moins que les hommes.

J’ai déjà entendu deux chroniqueuses du Devoir attaquer de front les femmes qui réussissent financièrement, les présentant comme de vilaines capitalistes. Féminisme rime avec socialisme.

Si ce n’était que ça.

Le fond du baril

Hier, je suis tombée sur la photo d’une jeune femme en leggings vert pomme, qui, les jambes écartées, présentait fièrement une grosse tache de sang menstruel.

À moins de suivre les débats sur le sexe des anges, vous ignorez peut-être que le sang menstruel est une nouvelle bataille féministe, le free bleeding. Il faut se libérer des « protections », serviettes, tampons, coupes menstruelles et autres guénilles de nos grands-mères et laisser le sang couler librement entre nos jambes.

Certaines utilisent même ce sang pour peindre des tableaux et démontrer que le sang menstruel n’est pas dégueulasse. Une artiste américaine, Sarah Levy, a peint Donald Trump à même son sang récupéré dans une coupe menstruelle et gardé au frigo dans un pot Mason.

C’est quoi la prochaine étape, du boudin ?

Pour ces militantes, le sang menstruel est une arme de résistance au patriarcat. Un mantra proclame que « les femmes qui saignent ensemble changent le monde ensemble ».

Priorités, svp

Dans quelques jours sera lancée officiellement la bataille des signes religieux au Québec. La nouvelle ministre de la Condition féminine Isabelle Charest a mis la table en annonçant que pour elle, le hijab est un signe d’oppression de la femme.

Je ne fais pas de comparaison, mais les menstruations aussi oppriment les femmes. C’est le prix d’enfanter. Comment le hijab avantage-t-il les femmes qui le portent ? Je ne comprends pas l’acharnement féministe à défendre ce signe ostentatoire de soumission à la plus misogyne des religions monothéistes.

Ces défenderesses du voile islamique savent-elles qu’en matière d’héritage, par exemple, le Coran dicte « au fils, une part équivalente à celle de deux filles » ?

On ne peut défendre une idéologie en pièces détachées, surtout quand il s’agit d’un système de pensée qui englobe tous les aspects de la vie, comme l’islam et le judaïsme. Défendre le voile, c’est accepter le reste.

Question de libertés individuelles ? Les Doukhobors, des chrétiens nudistes russes installés en Colombie-Britannique, n’ont pas plus le droit que vous et moi de se promener nus en public.

Le féminisme traditionnel, une quête d’égalité, agonise et sera enterré avec la génération des boomers qui en ont fait une affaire de vie ou de mort. Avec succès, si on compare la vie des Québécoises il y a 50 ans et aujourd’hui.

Quelles seront les causes portées par les jeunes féministes pour garder ce mouvement aussi universel et structurant que possible ? Le sang menstruel ? L’islam misogyne ?

Vous avez jusqu’au 8 mars pour y penser.