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Cannabis: des employés de la SQDC âgés de moins de 21 ans pourraient être mis à pied

Pot Légalisation
Photo d'archives

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Des employés de la SQDC âgés de 18 à 21 ans risquent de perdre leur emploi une fois l'encadrement du cannabis revu par la CAQ, a déploré en Chambre Québec solidaire, qui y voit un double standard par rapport à la vente d’alcool.

Dans une lettre dont Le Journal a obtenu copie, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) reproche à la direction de la SQDC d’avoir rencontré la semaine dernière «certains employés ayant entre 18 et 21 ans pour les informer qu’ils seraient mis à pied conformément [...] à la nouvelle loi» déposée par le gouvernement.

«Cette situation est inacceptable à plusieurs égards. Inacceptable en matière de droit du travail, inacceptable en matière de droits de la personne et inacceptable en vertu du gros bon sens», a dénoncé à l'Assemblée nationale le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc.

Invité à faire «marche arrière» en reconnaissant que «ces mises à pied sont discriminatoires», le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, s'est défendu en soutenant qu'«en fait, il y a seulement quatre employés qui sont à risque de perdre leur emploi avec [le] changement de loi».

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant
Photo Simon Clark
Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Or, selon les chiffres fournis par la SQDC, au moins 15 employés (12 à temps partiel, 3 à temps plein) perdront leur emploi lorsque l’âge minimal pour l’achat de cannabis passera de 18 à 21 ans.

La SQDC a confirmé que quatre autres personnes qui devaient travailler dans des succursales dont l’ouverture a été reportée ont moins de 21 ans. La conclusion de leur processus d’embauche serait donc également menacée.

Double discours

Comme cette vingtaine d’employés ont déjà été formés, Québec solidaire considère qu’il s’agit de «gaspillage».

«Essayons de suivre la logique de la CAQ. Âge légal du cannabis: 21 ans, doit être vendu par des commis de plus de 21 ans. Âge légal pour l'alcool: 18 ans, mais peut être vendu par des jeunes de 16 ans dans les dépanneurs du Québec. Le gouvernement peut-il nous expliquer comment il justifie ce double discours?» a dit M. Leduc pendant la période des questions.

Alexandre Leduc
Photo Simon Clark
Alexandre Leduc

Selon le député de Québec solidaire, la SQDC aurait même proposé un congé sans solde aux travailleurs qui sont à quelques semaines de célébrer leur 21e anniversaire. 

Ridicule

«La CAQ n'a pas peur du ridicule! Non, mais quel cafouillage! Enseignants, lanceurs d'alerte, SQDC... Qui seront les prochaines victimes de l'idéologie conservatrice de la CAQ?» a lancé M. Leduc. 

«Je vais discuter de cette situation avec le président de la SQDC», a fini par annoncer le ministre des Finances Éric Girard, qui est responsable de la société d’État chargée de vendre le cannabis.

Le syndicat a déjà plaidé auprès de la SQDC qu’une «mise à pied ou l’attribution d’un congé sans solde obligatoire pour les employés de 18 à 21 ans constituent [...] une modification illégale des conditions de travail». 

Le porte-parole de la SQDC, Fabrice Giguère, a confirmé que des employés avaient été avertis de ce qui se dessinait pour l’avenir. 

«On leur a dit que, dans ce projet de loi, il y a une provision qui dit que les moins de 21 ans n’auront pas accès à nos succursales. Donc, ça veut dire que, lorsque le projet de loi est adopté, si cette provision-là fait partie de la loi adoptée, on va devoir procéder à des mises à pied. On les a sensibilisés à ça», a indiqué le porte-parole.

 

– Avec la collaboration d’Annabelle Blais et de l'Agence QMI

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