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Un art multigénérationnel

Un art multigénérationnel
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

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 L’un fera ses débuts dans la Ligue nationale d’improvisation (LNI) alors que l’autre y a joué plus de 20 ans. La même passion brûle cependant en eux pour cet art.  

 Arnaud Soly et Sophie Caron ont tous deux très hâte à l’ouverture de la saison de la Coupe Charade qui se tiendra le 11 février au Club Soda, alors que les jaunes affronteront les rouges.    

 « Je suis très fébrile. J’ai hâte que ça commence, lance la recrue qui évoluera avec les Oranges. J’ai surtout hâte de voir la cohésion avec mes coéquipiers qui sont tous des personnes que je connais bien quand même, mais avec qui je n’ai pas forcément beaucoup joué ».    

 Pour Sophie Caron qui entame sa 22e saison dans la LNI, un record qu’elle détient avec Réal Bossé, l’enthousiasme est toujours là. « Les petits frissons à l’hymne national, moi je les ai encore. Par contre, moi ce n’est plus : « Wow! Je suis rentrée dans la LNI! », c’est plutôt : « Wow! Je suis encore là!” »    

 Celle qui se qualifie de vieux croûton de la LNI avoue endosser un rôle maternel envers les jeunes qui arrivent dans la ligue. « Dans mon équipe cette année, il y a Sophie Thibeault qui est une recrue comme Arnaud. Je me sens comme une maman. Je regarde les jeunes et je les trouve beaux. »    

 La joueuse de 49 ans remarque quelques différences dans le jeu des recrues. « Les références ne sont plus les mêmes chez les jeunes qui arrivent. Aussi, l’évolution technologique fait que les jeunes sont beaucoup plus rapides. C’est drôle parce qu’il y a des anciens joueurs, qui étaient là avant moi, qui trouvaient que notre génération était vite »    

 Arnaud Soly a agi comme remplaçant dans la ligue pendant trois saisons avant qu’une place se libère, une situation qui ne l’a pas du tout agacé. « C’est le fun être remplaçant, parce que tu joues avec différentes équipes. Ce n’est pas le même vibe dépendamment de l’entraîneur. C’est un beau rôle, mais là, cette année, je suis content d’être un membre de la ligue et de le vivre pour la première fois officiellement. »    

 L’humoriste admet qu’il s’agit d’un rêve qui se réalise enfin. « Je fais le parallèle avec le hockey, un petit joueur de hockey veut jouer dans la LNH, pour moi c’est la même chose. La LNI c’est la ligue mère, c’est la ligue fondatrice », explique-t-il.    

 En plus de faire son entrée dans la ligue renommée, le joueur de 29 ans se retrouve dans la même équipe que son idole : François-Étienne Paré. « Je ne veux pas le vieillir, mais François-Étienne c’était un de mes joueurs favoris quand j’étais jeune. Je n’ai jamais joué avec lui de ma vie, donc ça va être une première et j’ai très hâte. »    

  

Un art multigénérationnel
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

  

 Une ligue unique  

 Arnaud Soly souligne d’ailleurs qu’il s’agit d’une force de la LNI d’avoir des joueurs de tous les âges. « Pour moi ce qui rend la LNI unique c’est un mélange d’affaires. Le talent exceptionnel des improvisateurs et improvisatrices, les joueurs de multiples horizons, de multiples générations », indique celui qui a eu un coup de foudre pour l’impro à 13 ans.    

 « Je trouve que des trucs ont été enlevés dans d’autres ligues qui fait qu’on évite le problème ultime : le combat entre donner le meilleur spectacle au public et l’envie de gagner. Je pense que c’est ça qui différencie le plus la LNI des autres ligues », ajoute Sophie Caron.    

 Le directeur artistique et arbitre en chef de la ligue, Simon Rousseau, travaille d’ailleurs sur cet aspect avec les joueurs. « Malgré qu’il y a l’emballage, c’est-à-dire les deux équipes une contre l’autre, les étoiles et les points, dans les coulisses entre les périodes on est les deux équipes ensemble et tout le monde se parle. On essaie vraiment de laisser le public décider de qui gagnera », explique celle qui évoluera avec les Bleus cette année.    

 Universel  

 Même si le marché de l’improvisation est de plus en plus vaste à Montréal, la LNI continue de remplir le Club Soda.    

 « L’impro c’est universel, ça va chercher tout le monde. Je suis allé donner des ateliers d’impro au Maroc et j’étais avec des jeunes Marocains avec qui je n’avais pas les mêmes repères. Je les ai vus découvrir l’impro de la même façon que je l’ai découvert », ajoute Sophie Caron qui se souvient être tombée par hasard sur le premier match d’impro télévisé à 14 ans, « à l’époque où il n’y avait pas de télécommande ».    

 « De plus en plus, je pense que les gens cherchent des activités multigénérationnelles et l’impro c’est l’exemple parfait. Grand-maman, maman et l’enfant viennent tous au match. Chacun va apprécier quelque chose de différent parce que ce n’est pas que du Shakespeare ou que du clown. Avec le côté interactif, forcément ça plaît aux gens. Ce n’est pas une mode, c’est une forme d’art qui va exister éternellement, j’en suis convaincu », conclut Arnaud Soly.    

  

Un art multigénérationnel
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

  

  

 En rafale :    

  

 Vos types d’impros préférées?  

 Arnaud Soly : Chantée! Sophie c’est la reine de la chantée! J’aime aussi beaucoup les solos. Je trouve qu’il y a quelque chose de trippant de créer un univers de A à Z. Il y a quelque chose de brut. Mais le plus le fun ça reste une grande mixte.    

 Sophie Caron : Chantée! Les longues impros aussi. C’est une tout autre façon de jouer que de faire des 2 minutes tout le temps.    

 Celles que vous aimez le moins?  

 Sophie Caron : Mimée c’est la pire! Je veux mourir quand ça arrive!    

 Arnaud Soly : Mimée aussi. Il y a des joueurs vraiment talentueux à définir des trucs super clairement et à avoir un burlesque corporel très clair. Moi, je suis très verbo dans la vie, donc je sais que c’est quelque chose de plus difficile.    

 Un moment où vous avez été déstabilisé pendant un match.  

 Arnaud Soly : J’ai plus été déstabilisé par des gifles. Ça va me faire décrocher. Sinon pour des répliques, il y a des gens qui me font vraiment rire. Un gars comme Louis Courchesne, il peut dire des choses tellement drôles, j’ai le goût de me cacher. Je suis sur la scène, mais je deviens comme spectateur.    

 Sophie Caron : Le plus dur c’est la réplique qui te fait décrocher. Parce qu’après ça c’est dur de revenir. Quelque chose qui est déstabilisant, en quelque part ça peut être le fun. Ça devient un beau défi. Un truc pour moi qui est plus épeurant, c’est le moment où je ne comprends pas ce que l’autre fait.