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Pour l’amour du ski de fond

Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.
Photo courtoisie, Marathon canadien de ski Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.

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Ce week-end se tiendra la 53e édition du Marathon canadien de ski. Paul Junique, 70 ans, prendra part à son 39e départ. Il nous partage quelques bribes de ses histoires à ski.

« C’est un luxe tout récent. Avant, on faisait sans », raconte Paul Junique. Le skieur fait référence aux quelques bottes de foin disposées autour des feux du Camp Or, où passeront la nuit à la belle étoile une centaine de fondeurs avant de s’attaquer à leur deuxième journée de 80 kilomètres de ski de fond.

Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.
Photo courtoisie, Marathon canadien de ski

Dans son sac pour refaire le plein, deux Big Mac que le skieur aura achetés et congelés l’avant-veille. Au cours de la première journée de ski, il aura enfilé quelques boîtes de Glosettes, un peu d’eau et du lait chocolaté en poudre.

« Je fais tout ce qu’il ne faut pas faire, dit M. Junique. Les autres skieurs sont plus raisonnables, ils mangent des repas complets déshydratés et prennent soin de boire suffisamment tout au long de la journée. »

Pour la 39e fois, Paul Junique n’aura pas non plus préparé spécifiquement son endurance par de longues sorties de ski de fond en vue de l’épreuve phare de 160 km. Plutôt, il fait des sprints quelques fois par semaine, avec la jeune relève de son club.

« Le Marathon pour moi, c’est comme une promenade dans le bois avec ma famille », dit le fondeur.

Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.
Photo courtoisie, Marathon canadien de ski

Rendez-vous annuel

Il y a la famille avec laquelle on naît et il y a celle que l’on rencontre autour d’un feu, le corps épuisé par des heures d’effort et affolé par le doute de devoir recommencer le lendemain.

« Au départ, on était une vingtaine tout au plus. Des huit autour du feu, on sera peut-être deux ou trois cette année... on est tous vieux, maintenant », dit Paul Junique.

En leur compagnie parfois un ou deux « petits jeunes » du club

Fondeurs-Laurentides. Le doyen n’a jamais eu l’intention de devenir un mentor, mais, forcément, on lui demande conseil.

Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.
Photo courtoisie, Marathon canadien de ski

« L’année passée, j’ai eu l’air fou ! Le jeune de 14 ans qui devait sagement me suivre est arrivé une heure et demie avant moi ; il patientait près du feu quand je suis arrivé au camp... », raconte l’homme de Prévost.

Le Marathon canadien de ski regroupera des fondeurs de tous les calibres, samedi et dimanche. Parmi les participants, Paul Junique prendra le départ pour la 39e année d’affilée.
Photo courtoisie, Marathon canadien de ski

Il se souvient lui-même de sa première expérience au Marathon, en 1981. L’enthousiasme, sans le stress.

« Quand tu n’as pas 30 ans, les distances, tu ne t’en rends même pas compte », dit l’athlète de 70 ans. Passer la nuit dehors ne lui faisait pas plus peur, le fondeur ayant découvert le ski de fond comme mode d’expédition en 1977, un an après avoir immigré au Québec. Il partait dans le bois parfois, puis trouvait entre-temps son plaisir à ski au quotidien au mont Royal, une fois son dernier cours de chimie donné.

« Je ne suis pas du genre à avoir froid ou faim » , ajoute-t-il.

Le genre... humain ? L’athlète rigole.

« Mains et pieds, je me suis déjà tout gelé de toute façon », dit Paul Junique.

Les nuits à -30 o ne sont même pas les pires.

« Une année, il pleuvait à torrents. Quand les conditions neigeuses ne sont pas idéales pour la glisse, là, c’est difficile », fait-il remarquer.

Pas une course

Paul Junique porte le dossard no 26, tous les ans, depuis plus de 30 ans. Ces dossards permanents sont réservés aux fidèles Coureurs des bois Or ayant cumulé cinq participations.

« Il y a du monde que j’appelle juste par leur numéro », admet le fondeur.

Le plus ancien événement de ski de fond en Amérique du Nord a déjà regroupé près de 3000 fondeurs dans le début des années 1980.

« Être Coureur des bois, c’est une expérience qui ne s’oublie pas. Certains en parlent toute leur vie ! » ajoute le fondeur.

Paul Junique, lui, la répète chaque année, depuis près de 40 ans. Il prévoit au moins fêter son 40e anniversaire de MCS l’année prochaine. Et peut-être y participer encore l’année suivante, et l’autre qui suivra.

« Je me sens encore en forme », précise-t-il. Une année à la fois.

Il n’y a pas de presse, de toute façon. Le Marathon canadien de ski n’est pas une course, répète Paul Junique.

Le Marathon canadien de ski en bref

Quand : De vendredi à dimanche

Où : 

  • Jour 1 — De Mont-Tremblant à Montebello
  • Jour 2 — De Montebello à Lachute

Quoi : Le parcours se découpe en 10 sections de niveaux variables pour un total de 160 km répartis sur deux jours. Il est possible de s’inscrire à une ou plusieurs sections comme randonneur. Un service de navette facilite les déplacements des fondeurs.

Le demi-marathon propose la même expérience que l’épreuve reine du marathon, mais avec un volume réduit de moitié. Une quarantaine de kilomètres attendent les participants, samedi et dimanche.

Le Coureur des bois Bronze, c’est 80 km samedi et 80 km dimanche, soit le tracé total du marathon.

Le Coureur des bois Argent ajoute un sac à dos d’un poids minimal de 5 kilos (ou plus) au défi.

Le Coureur des bois Or implique une nuit à la belle étoile entre les deux jours d’efforts.

Le Marathon canadien de ski (MCS) n’est pas une course. Il n’y a ni gagnants ni perdants. À chacun d’affronter l’épreuve de son choix.


Renseignement: skimarathon.ca