/portemonnaie/entrepreneurship
Navigation

5 mythes à briser sur les «joies» de l’entrepreneuriat

Avant de vider son cubicule pour démarrer une entreprise, quelques mises en garde s’imposent.

5 mythes à briser sur les «joies» de l’entrepreneuriat
Unsplash

Coup d'oeil sur cet article

À l’ère de l’accomplissement de soi à tout prix, se lancer en affaires est devenu l’ultime façon de s’affranchir professionnellement. Plus que jamais, l’entrepreneuriat est glorifié et l’idée d’être son propre patron fait fantasmer.

Elon Musk fait les manchettes comme une rockstar et les téléspectateurs des différentes versions de Dans l’œil du dragon se comptent par millions.

Tant mieux si cette nouvelle fascination inspire. Mais avant de vider son cubicule pour démarrer une entreprise, quelques mises en garde s’imposent.

Mythe 1 «Je suis mon propre boss, je ne réponds à personne!»

La seule façon de n’avoir aucun compte à rendre, c’est en s’isolant dans le fin fond d’une forêt.

«Être son propre patron» 

Ce leitmotiv qui fait rêver les salariés en quête d’autodétermination dresse un portrait dangereusement incomplet de la réalité. L’entrepreneur est peut-être au sommet de la hiérarchie de son entreprise, mais celle-ci évolue au sein d’un système où elle n’est pas toujours en position dominante.

Un client important peut en faire baver plus que le pire des patrons tyranniques. Un fournisseur en position de pouvoir peut imposer ses conditions. Sans oublier les nombreuses exigences réglementaires auxquelles on doit se plier.

Le bon déroulement des affaires requiert de faire des compromis, de gérer des contraintes et de respecter des obligations.

Mythe 2 «Je gère mon temps comme ça me plaît»

Ironiquement, se lancer en affaires, c’est se donner la liberté de pouvoir travailler 24/24, 365 jours par année.

Les résultats d’un sondage américain auprès de gestionnaires de PME démontrent que l’entrepreneuriat n’est pas synonyme de temps libres.

Nombre de journées travaillées par semaine :

  • 6 pour 36 % des répondants
  • 7 pour 21 % des répondants

Nombre d’heures travaillées par semaine :

  • 50-59 : 23 % des répondants
  • 60-69 : 20 % des répondants
  • Plus de 70 : 19 % des répondants

Près de 40% affirment travailler durant leurs vacances.

Ça peut sembler comme une vie de rêve pour les workaholics, mais ne jamais décrocher est tout aussi néfaste pour la santé de l’individu et de l’entreprise. On doit avoir la discipline de se mettre au travail et la clairvoyance de prendre des pauses.  

Un entrepreneur a beau avoir un billet du médecin pour burnout, il est peu probable que ses clients lui envoient une carte avec un mot doux du genre : «Prends soin de toi et reviens-nous en forme dans six mois. On t’attend!» 

Mythe 3 : «Mon projet est parfait. Si on suit le plan à la lettre, tout va marcher!»

Comme l’a dit la célèbre femme d’affaires Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post, «on doit apprécier l’incertitude et les imperfections».

L’obsession du détail et la microgestion s’avèrent souvent contre-productives. La réussite en affaires est une question de saisir les opportunités, de créer les conditions optimales et de gérer le risque. 

Avec la croissance arrive un point où il devient plus profitable d’embaucher et de déléguer. Tout en implantant des mesures de contrôle de qualité, l’entrepreneur doit accepter que ses employés fassent des erreurs ou développent des approches différentes.

Il est impératif d’avoir confiance en ses idées, mais faire preuve d’ouverture et de flexibilité peut porter fruit.  

Mythe 4 : «Je vais pouvoir compter sur mon entourage pour m’épauler.»

La vérité c’est que ton vieux chum qui a suivi un cours en comptabilité au CÉGEP n’est sûrement pas le meilleur candidat pour agir à titre de VP des finances.

Vaut mieux s’entourer de gens compétents et fiables qui n’auront pas peur de donner l’heure juste, même s’ils font d’ennuyants compagnons de 5 à 7.

En entrevue, la femme d’affaires Caroline Néron a admis que de confier des postes névralgiques à des amis a contribué à la débâcle financière de son entreprise.

Comme a dit Biggie Smalls dans sa chanson «Ten crack commandments» : «Keep your family and business completely separated» (traduction : Garde ta famille et tes affaires complètement séparées).

Bon, j’avoue qu’il rappait à propos de la vente de stupéfiants, mais le principe se transpose parfaitement.

Mythe 5 : «Si quelqu’un ne fait pas l’affaire, dehors!»

On a tous déjà côtoyé un incompétent de calibre olympique. Le genre de personne qui nous fait dire : «si c’était moi le boss, ça ferait longtemps qu’il serait renvoyé.»

Or, ce n’est pas en foutant des gens à la porte qu’on bâtit une équipe solide.

D’ailleurs, j’ai rarement rencontré un entrepreneur pour qui renvoyer quelqu’un n’était pas une décision déchirante. Surtout lorsqu’on doit le faire pour des raisons qui ne sont pas liées au rendement de l’employé.

Une entreprise prospère doit miser sur une culture qui favorise la mobilisation et le sentiment d’accomplissement de ses membres. Cela exige entre autres de faire preuve de patience, d’être à l’écoute et d’offrir la formation adéquate.

Comme l’a si bien dit le fondateur de Virgin Richard Branson : «Formez les gens de façon à ce qu’ils puissent quitter. Traitez-les de façon à ce qu’ils restent.»

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux