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L'Astor, bar et restaurant

1969

L'Astor, bar et restaurant
Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Philippe Dumais, Scène sur la rue Sainte-Catherine Ouest. - 19 septembre 1969. VM94-A0645-001 ; Photo 2-3 : Courtoisie de la collection du Centre d’histoire de Montréal

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Photo Pierre-Paul Poulin
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En calèche sur Sainte-Catherine

Tournant la tête vers les automobiles, ce cheval attend le bon moment pour se glisser dans la circulation de la rue Sainte-Catherine. À bord, un couple s’apprête à découvrir les attraits cosmopolites de Montréal. En descendant du train, les touristes peuvent aisément louer les services d’un cocher au carré Dominion, tout près de la gare Bonaventure. Concurrencés dès les années 1930 par le tramway et les taxis, les conducteurs de voitures hippomobiles se tournent vers la clientèle touristique. Les cochers circulant sur le mont Royal, au centre-ville et dans le Vieux-Montréal en 1969 tirent avantage d’une forte affluence étrangère. Alors que Montréal perd son statut de métropole économique à l’avantage de Toronto, à la fin des années 1950, le maire Jean Drapeau multiplie les coups d’éclat pour maintenir la popularité de la ville. L’Expo 67 est un succès, avec plus de 50 millions de billets vendus. Les commerces de la Sainte-Catherine en profitent, comme le réputé restaurant Astor.

L’Astor de George Gavaris

L'Astor, bar et restaurant
Photo courtoisie de la collection du Centre d’histoire de Montréal, Restaurant Astor, 688, Sainte-Catherine Ouest [vers 1963], Carte postale par W. Shermer, no 1589.

Après le travail, les employés du Eaton’s se sentent comme à la maison lorsqu’ils entrent à l’Astor, situé en face du magasin. L’excellente sauce à spaghetti tout comme l’atmosphère chaleureuse créée par le sympathique pianiste noir y sont pour quelque chose. Lorsqu’on lui demande l’origine du nom de son restaurant, le Grec George Gavaris aime bien raconter ses débuts à New York vers 1910. Après six semaines à se présenter à l’hôtellerie Astor sans obtenir d’emploi, il jure d’être un jour le patron d’un établissement qui portera le nom de l’illustre hôtel new-yorkais. Débarqué à Montréal, Gavaris travaille en restauration et apprend les ficelles du métier. Il ouvre son premier restaurant-bar Astor en 1924 au 688, rue Sainte-Catherine Ouest, puis quelques autres établissements suivent. Le plus remarquable est sans doute l’immense Astor sur Décarie à Cartierville, qui est doté d’un service à l’auto. Quant au renommé restaurant de la rue Sainte-Catherine, il demeure le joyau de la famille Gavaris jusqu’à sa fermeture définitive en 1983.

Quand le néon est un art

L'Astor, bar et restaurant
Photo courtoisie de la collection du Centre d’histoire de Montréal, Rue Sainte-Catherine Ouest le soir, Montréal [1955], Carte postale du Canadien National, no 1498.

L’Astor, le Palace, le Cinéma de Paris, le Cosy’s et bien d’autres arborent leurs plus belles couleurs à la nuit tombée. Chaque décennie, le design se modernise. Ainsi l’Astor transforme son enseigne entre 1955 et 1963. L’usage du néon en publicité remonte aux années 1910. Le scientifique français Georges Claude élabore alors les procédés de couleurs à l’aide de différents gaz et conçoit les composantes des tubes de verre fluorescents. Détenteur de brevets exclusifs pendant 50 ans, il crée quelque 800 établissements Claude Néon à travers le monde, dont certains ont pignon sur rue à Montréal. Bientôt, les propriétaires de commerces ne peuvent plus concevoir leurs réclames extérieures sans l’usage du néon. L’iconique rue Sainte-Catherine expose les enseignes les plus flamboyantes de cette période. Tombant graduellement en désuétude, le néon connaît un retour discret ces dernières années dans certains bars rétro et commerces à la mode, et même comme décoration résidentielle.