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On se vante des bons coups, rarement des mauvais

campeau 0209
Photo courtoisie Nul n’est infaillible et ça pourrait aussi vous arriver à vous de vous perdre en forêt. Sauriez-vous alors quoi faire ?

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Plusieurs adeptes ont l’impression que seuls les autres peuvent se perdre en forêt et que ça ne leur arrivera jamais.

Je parcours l’arrière-pays depuis plus de quatre décennies. Je considère que j’ai un bon sens de l’orientation, et si je dois explorer de nouveaux territoires, je connais assez bien la boussole, le GPS et les cartes pour me débrouiller.

Comme plusieurs d’entre vous, je suis le genre à trimballer tout l’équipement nécessaire dans mon sac à dos pour faire face à la plupart des scénarios.

Erreur de débutant

En novembre dernier, je me suis rendu en Outaouais avec mes partenaires de chasse au chevreuil. Nous tentions notre chance dans un nouveau territoire que je n’avais jamais eu l’opportunité de parcourir auparavant.

Les gars avaient positionné ma tente pliable à un endroit stratégique. Les trois premiers jours, je suis demeuré quasi immobile dans mon abri portatif. Un de mes copains m’avait expliqué qu’au bout de mon chemin d’accès, il y avait un sentier latéral bien indiqué avec des rubans de couleur et qu’il y avait là un autre poste d’affût.

Sur l’heure du midi de la quatrième journée, question de chasser l’ennui et de me dégourdir les jambes, j’ai décidé d’aller y faire un tour. Comme j’avais juste l’intention de faire une courte marche, j’ai sciemment pris la décision de laisser tout mon matériel dans mon havresac.

Les seuls items que j’avais apportés avec moi, à part ma carabine et trois cartouches, c’était un briquet, une carte pas trop détaillée du territoire, mon permis et mon portefeuille.

Rendu au bout de ce sentier, j’ai perdu les rubans indicateurs de vue. J’ai longé un ruisseau avec un fort débit, puis j’ai continué mon chemin en me disant que la route à suivre était à ma gauche.

Quelques minutes plus tard, lorsque j’ai décidé de revenir à bon port, je me suis dirigé vers la direction que mon instinct m’indiquait. Après vingt minutes, à force de regarder le document topographique en papier à la grosse pluie battante, j’ai dû me résoudre à m’avouer que j’étais bel et bien perdu.

Dénouement

Après plus de 90 minutes à traverser des montagnes et longer des vallons, je suis arrivé sur un vieux chemin forestier inutilisé depuis des lustres. J’ai pris la décision de le suivre. J’ai même emprunté tous les embranchements. Aussi nombreux fussent-ils, aucun d’entre eux ne menait quelque part.

Près de 45 minutes avant la tombée de la nuit, j’ai pu partiellement me localiser entre les cimes montagneuses. J’ai alors décidé de garder un cap en espérant tomber sur la route transversale. Alors qu’il ne restait qu’un quart d’heure avant que l’obscurité s’installe pour de bon, j’ai entendu de l’eau couler. Il s’agissait du fameux ruisseau cité précédemment. Je l’ai suivi pour finalement retrouver mon point d’origine.

Je n’ai heureusement pas paniqué, même si mon rythme cardiaque se maintenait sûrement au-delà des 150. De plus, j’étais complètement détrempé de la tête aux pieds, car n’oubliez pas, j’étais habillé pour demeurer statique dans un poste d’affût, non pas pour marcher.

Conseils d’un pro

Sylvain St-Louis d’Orientation Azimut est instructeur de survie en forêt, de GPS, de carte et de boussole.

Ce spécialiste a bien voulu dresser une liste de sept choses à faire pour aider les lecteurs du Journal lorsqu’ils réalisent qu’ils viennent de se perdre dans le bois :

  1. S’asseoir et se calmer pour ne pas paniquer et ne pas courir dans toutes les directions.

  2. Tenter de se retrouver, mais de façon méthodique en commençant par établir la position du soleil, si cela est possible. L’idée n’est pas de s’enfoncer davantage, mais bien de se remémorer un souvenir récent, comme un cours d’eau, un flanc escarpé ou un gros pin, par exemple. Localiser un premier point qui vous servira de référence pour quadriller votre territoire. Ça peut être deux billots placés en croix ou autres formations quelconques, s’il n’y a pas d’indices naturels.

  3. Monter dans un arbre avec précaution ou à un point surélevé pour trouver des repères est aussi un excellent moyen.

  4. Penser s’abriter dans un secteur abondant de conifères. Un abri, tel un arbre déraciné, peut sauver beaucoup d’ouvrage. Quelques branches de pin, de sapin, de cèdre ou de mélèze au sol aideront à couper l’humidité si vous devez vous loger rapidement et passer la nuit sans feu.

  5. Faire un feu et amasser beaucoup de bois. Vous pouvez finaliser votre refuge et ramasser des branches à la noirceur. Le feu vous guidera pour y revenir.

  6. Le lendemain, continuez à ratisser votre secteur pour vous retrouver. En principe, vous serez en mesure de vous localiser si vous travaillez de façon ordonnée.

  7. Signalez votre position en embrasant trois feux distancés de 30 mètres, en vous assurant de former un triangle. Il s’agit là d’un signal de détresse reconnu mondialement. Marquez un SOS au sol, à l’aide de roche ou de billot ou faites un feu de boucane. Tirez trois coups de feu à la brunante à intervalle d’une minute est également un appel de détresse.

Dans toutes les situations, le feu est l’élément le plus important. Il permettra aux gens de vous localiser, de vous réchauffer, d’éloigner les animaux et les moustiques, de bouillir l’eau, de cuire les aliments, ne serait-ce que pour une tisane réconfortante.


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