/news/politics
Navigation

Québec solidaire discute de laïcité à Trois-Rivières

Québec solidaire discute de laïcité à Trois-Rivières
Photo Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

TROIS-RIVIÈRES – Plus d’une centaine de militants de Québec solidaire (QS) étaient réunis samedi au Cégep de Trois-Rivières pour parler de laïcité et de signes religieux, des questions qui divisent la formation de gauche.

Les militants veulent définir une position claire en vue du débat sur le sujet, qui se tiendra lors du 15e Congrès national de Québec solidaire, le mois prochain.

Pour l’instant, la position de QS est alignée sur les conclusions du rapport de la commission Bouchard-Taylor, c’est-à-dire l’interdiction du port de signes religieux pour les personnes en position de coercition, ce qui exclut donc les enseignants.

«Cette réflexion évolue dans l'ensemble de la société québécoise et nos membres ressentent le besoin de se rassembler pour continuer cette réflexion-là, puis en arriver à une position qui changera peut-être pas du tout (par rapport à celle actuelle, NDLR), mais la réflexion, elle, est fondamentale», a expliqué la co-porte-parole du parti, Manon Massé.

Pour alimenter cette réflexion, plusieurs conférenciers ont pris la parole en matinée, notamment des représentants de la Ligue des droits ou de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

  

Une «erreur» selon Charles Taylor

L’invité le plus connu et le plus attendu était certainement le philosophe Charles Taylor, qui a coprésidé avec le sociologue Gérard Bouchard la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, en 2007-2008.

M. Taylor a pris position, devant les membres de QS, pour la «forme ouverte» décrite dans le rapport Bouchard-Taylor.

«Les institutions sont neutres, mais la neutralité est une question de l’action que les institutions font. Les individus qui travaillent dans les institutions sont des citoyens comme les autres, ils sont libres de l’expression ou non de leurs positions dans le monde, dans le pays, dans la religion, ils sont libres entièrement dans leur expression», a-t-il dit en entrevue avec TVA Nouvelles en marge de son intervention.

Interdire les signes religieux à d’autres fonctionnaires, comme veut le faire le gouvernement caquiste avec les enseignants, serait une «erreur» selon Charles Taylor. «Je crois que c’est une erreur. C’est une façon de marquer des gens comme dangereux, difficilement assimilables», a-t-il dit.

«Nous allons le regretter à la longue, parce que nous allons voir que ça a été inutile de créer des divisions entre différents gens dans la société qui n’étaient pas nécessaires et qui vont nous avoir fait beaucoup de tort», a indiqué M. Taylor.

Après les conférenciers, des discussions se sont poursuivies, cette fois à huis clos, en après-midi.