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Irrésistible trouble-fête de 101 ans

Jonas Jonasson
Photo courtoisie, Gabriella Corti

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Après avoir rencontré un succès mondial avec la publication de son premier roman, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, l’écrivain suédois Jonas Jonasson ramène son irrésistible trouble-fête centenaire dans un nouveau roman aussi drôle qu’imprévisible, Le Vieux qui voulait sauver le monde.

Le Vieux, son artificier polyglotte à l’imaginaire débridé, revient cette fois pour présenter une hilarante leçon de géopolitique, à sa façon. Cette fois, Alan Karlsson se prépare à fêter son 101e anniversaire, aux côtés de son irrésistible ami Julius. Rien de moins qu’un hôtel chic à Bali pour les divertir.

Mais voilà que la montgolfière dans laquelle ils ont pris place pour fêter le grand jour au champagne s’échoue en pleine mer. Les deux comparses sont sauvés par l’équipage d’un cargo nord-coréen qui transporte beaucoup de choses... incluant une petite cargaison d’uranium enrichi.

Karlsson et Julius accumulent les ennuis et finissent par se retrouver en plein cœur d’une crise diplomatique. Les dirigeants de ce monde – Angela Merkel et Donald Trump – sont de la partie. Les deux rescapés se lient d’amitié avec une brochette de personnages burlesques provenant des quatre coins du monde.

On peut se demander où Jonas Jonasson, un écrivain au sens de l’humour irrésistible, va pêcher ses idées. « Vous n’avez qu’à regarder autour de vous », dit-il avec un petit rire, en entrevue depuis son domicile en Suède. Il aime le côté déjanté d’Alan Karlsson, mais fait remarquer que c’est un idiot en politique. « Nous en avons bien suffisamment sur terre. »

A-t-il déjà rencontré quelqu’un qui ressemble au Vieux ? « Pas vraiment. Mais quand je suis seul à la maison, je me demande si un âge avancé me permettrait de dire tout ce que je pense, sans penser aux conséquences. Je rêve de vieillir ! »

Trump et cie

Jonas Jonasson décape sans merci les politiciens de ce monde dans son roman. « Mon agente était un petit peu inquiète, au début du processus d’édition, au sujet des réactions de Kim Jong-un et de Donald Trump à propos de mon livre. Elle m’a demandé si elle pouvait téléphoner à nos bureaux en Corée du Sud pour vérifier ce qu’ils en pensaient. Elle l’a fait et on lui a répondu que Kim Jong-un avait autre chose à faire que de s’intéresser à un petit livre publié en Suède.

« Ensuite, elle m’a demandé si je souhaitais qu’elle téléphone aux Américains pour vérifier s’il y avait des problèmes possibles avec Donald Trump. Je lui ai dit : “Ce n’est pas nécessaire, Donald Trump ne lit pas de livres”.

« Quand j’ai commencé à écrire ce livre, Trump n’était pas encore président et n’était pas censé le devenir. Mais je voyais la possibilité de me moquer de lui. En cours d’écriture, j’ai dû modifier mon texte plusieurs fois parce que toutes les moqueries ont fini par être faites par d’autres, et pour de bonnes raisons. »

« Comme des enfants »

Jonas Jonasson est très habile pour récupérer toutes sortes de nouvelles insolites et les intégrer à l’action. Son bagage journalistique lui sert bien. « Je suis les nouvelles quotidiennement, spécialement la politique nationale. Les politiciens se chamaillent comme des enfants, et ça me fait penser à des joutes sportives. C’est incroyable : il y a de tout en politique contemporaine ! »

<b><i>Le Vieux qui voulait sauver le monde</i></b><br>
Jonas Jonasson<br>
Presses de la Cité<br>
494 pages
Photo courtoisie, Presses de la Cité
Le Vieux qui voulait sauver le monde
Jonas Jonasson
Presses de la Cité
494 pages

► Le Suédois Jonas Jonasson a fait carrière dans les médias avant de devenir écrivain.

► Il a connu un succès mondial avec son premier roman, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Il a été traduit dans une trentaine de pays.

► Il adorerait rencontrer ses lecteurs québécois.

EXTRAIT

« Le centenaire avait toujours eu un effet apaisant sur son entourage, en dehors de rares occasions au cours de l’histoire où il avait énervé des gens plus que de raison. Comme Staline, en 1948. L’entrevue avait débouché sur cinq ans de goulag. Les Nord-Coréens n’avaient pas été ravis non plus de faire sa connaissance quelques années plus tard. Mais bon, c’était du passé. Il avait à présent convaincu Julius de lui fêter son cent unième anniversaire (puisque son ami en avait tellement envie), et ensuite seulement de parler­­­ argent. »

– Jonas Jonasson, Le Vieux qui voulait sauver le monde, Presses de la Cité