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Les faux prétextes de QS

Les faux prétextes de QS
Photo d'archives, Simon Clark

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Québec solidaire a refusé de donner son aval à une motion relative à la crise vénézuélienne calquée sur la position d’Ottawa qui reconnait Juan Guaidó pour procéder à l’organisation de nouvelles élections pour la présidence vénézuélienne. QS argüe que ce n’est pas à un pays étranger de dicter la conduite des affaires au Venezuela, pourtant, dans le passé, cela ne l’a pas empêché de prendre position en matière d’affaires extérieures.

Au cœur de la crise vénézuélienne, nous retrouvons un affrontement entre puissances impérialistes, les États-Unis veulent faire main basse sur les ressources naturelles du pays et la Chine souhaite préserver ses investissements réalisés à coup d’importants prêts pour s’accaparer les ressources du pays. La Russie supporte économiquement le Venezuela dans une moindre envergure, toutefois elle appuie avec ferveur l’idéologie défendue par le président Maduro qui cadre avec la notion marxiste de dictature du prolétariat. Comme si l’embrouille n’était pas suffisante, la Turquie se mêle de donner des leçons de démocratie aux États-Uniens en appuyant Maduro alors que les libertés fondamentales ont été passablement restreintes sur le territoire turc au cours de la dernière décennie.

Comme aux heures de la guerre froide, nous assistons à une confrontation entre les blocs de l’Est et de l’Ouest, entre capitalistes et simili communistes pour la domination du monde. Fidèle à son camp, le Canada s’est rangé du côté américain et a contribué à l’émergence du président par intérim, Juan Guaidó, qui bénéficie de la reconnaissance d’une quarantaine de pays. Qu’on adhère ou non au positionnement du Canada, il n’en demeure pas moins qu’une véritable crise humanitaire affecte le Venezuela et qu’on y enregistre un sérieux déficit démocratique à l’instar des pays qui se proclament communistes encore aujourd’hui. Si, dans une telle conjoncture, l’indifférence et l’inaction ne sont pas appropriées, le parti pris l’est encore moins pour oser espérer un retour à la vie normale des Vénézuéliens.

L’hésitation de QS à donner son aval à la motion du PQ et du PLQ pour soutenir Juan Guaido peut se comprendre, mais les arguments pour s’en abstenir ne tiennent pas la route. Un parti prétendument indépendantiste ne peut pas rester muet en matière d’affaires internationales en considérant l’implication de dizaines de pays et de l’ONU dans la présente crise. Bien que Gabriel Nadeau-Dubois ait mentionné compter sur l’ONU, il aurait été de bon aloi pour son parti de tenter d’amender la motion des autres partis d’opposition. QS aurait ainsi pu marquer officiellement sa désapprobation à l’égard de Maduro dans la conduite des affaires de l’État tout en soutenant les efforts de dialogue souhaités par certains pays demeurés neutres.

Faisant court en ne donnant pas son approbation et en empêchant la présentation d’une motion pour positionner le Québec dans la crise vénézuélienne, QS nourrit l’idée d’un bon nombre de commentateurs. Le parti est associé à une frange ultra gauchiste pourfendant les pays capitalistes qui ne respecte pas les droits de la personne et qui demeure coi lorsque c’est le fait de pays communistes.