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Terrain nord de balle-molle: plus de 10 000 $ amassés pour l’action en justice

Terrain nord de balle-molle: plus de 10 000 $ amassés pour l’action en justice
Photo Frédéric T. Muckle

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MONTRÉAL - Les opposants à la destruction du terrain nord de balle-molle du parc Jeanne-Mance ont amassé 10 000 $ en moins d’un mois pour financer leur action en justice contre la Ville de Montréal.

«On a réalisé qu’on avait atteint notre objectif encore plus vite qu’on pensait, ce qui nous a vraiment surpris», a commenté à la fin du mois de janvier la joueuse et porte-parole de la communauté de balle-molle du parc Jeanne-Mance, Marie-Claude Lacerte, quelques semaines après le lancement de la campagne de sociofinancement.

La campagne avait été lancée en décembre sur le site GoFundMe afin de récolter des fonds pour couvrir des dépenses associées aux procédures judiciaires. Dimanche soir, 10 280 $ avaient été récoltés sur un objectif de 10 000 $.

Un pourvoi en contrôle judiciaire avait été déposé en Cour supérieure au mois d’août par six joueurs du terrain nord, rasé au printemps pour des questions de sécurité.

«Nous demandons à un juge d’annuler la décision de la Ville de détruire le Terrain nord et d’ordonner à la Ville de restaurer le terrain», explique-t-on dans la description de la campagne de financement.

Selon Marie-Claude Lacerte, l’action en justice suit actuellement son cours et un juge devrait l’entendre à l’été ou l’automne. Le groupe est représenté bénévolement par un avocat, qui est aussi un coéquipier de balle-molle.

L’administration de Valérie Plante n’a pas commenté la campagne de sociofinancement ni le dossier puisqu’il est judiciarisé.

Sécurité publique

La Ville de Montréal avait décidé en mai de démanteler le terrain nord pour des enjeux liés à la sécurité publique à la suite de l’analyse d’un rapport balistique sur la trajectoire des balles. Le terrain non clôturé, situé au coin des avenues du Mont-Royal et de l’Esplanade sur le Plateau-Mont-Royal, devait rouvrir au printemps après avoir accueilli des travaux de rénovation.

Une personne avait été atteinte par une balle perdue en 2016, selon l’Agence QMI, et la Ville connaissant les risques s’exposait à des poursuites si d’autres incidents se produisaient.

L’administration municipale a aussi rappelé que le terrain nord avait été conçu pour des enfants, mais était utilisé par des adultes. Aussi, la superficie du parc ne permettait pas la présence de deux terrains pour adultes.

Les membres de la communauté de balle-molle, qui réfutent les arguments de la Ville, ont aussi été invités à jouer sur le terrain sud du parc.

Marie-Claude Lacerte a soutenu que le terrain nord, par sa localisation et son aménagement plus accessibles que le terrain sud, avait permis de rassembler au fil du temps des gens issus de diverses communautés. «C’est un espace qui permettait à des centaines de personnes de se réunir et de tisser des liens ensemble, un terrain qui a beaucoup de valeur au plan humain», a-t-elle affirmé, ajoutant que l’achalandage a diminué l’été dernier à la suite de sa disparition.

Un plan directeur du parc Jeanne-Mance et de la côte Placide doit par ailleurs être adopté en 2019. Une consultation auprès de citoyens et de groupes d’intérêt a été menée à l’automne, et elle se poursuivra au printemps.