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Un restaurant montréalais chouchoute sa file d’attente

Un restaurant montréalais chouchoute sa file d’attente
MARIO BEAUREGARD/AGENCEQMI

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Couverture, chauffage et thé chaud: un restaurant de Rosemont a décidé de sortir l’artillerie lourde pour faire patienter ses clients dans la file d’attente qui croît d’heure en heure devant le commerce.

Un dimanche vers midi, il fait froid. L’air est humide. Il vente. C’est l’hiver. Quarante-quatre braves font pourtant la queue sur le trottoir devant le restaurant Régine Café de la rue Beaubien Est. Environ une heure d’attente pour le brunch. «Merci de patienter, mes amours», est-il écrit à la craie sur une ardoise près de l’entrée. 

 

Un restaurant montréalais chouchoute sa file d’attente
MARIO BEAUREGARD/AGENCEQMI

 

La file sur Beaubien atteint l’intersection. Tourne le coin. S’allonge sur la rue Cartier. C’est comme ça depuis l’ouverture. Dès 9 h, la foule excédait les 85 places disponibles (comme d’habitude). 

Curieux de découvrir comment Régine Café persuade des centaines de gens de faire volontairement le pied de grue si longtemps en plein hiver, je suis venu pour observer. 

Chaufferettes et fourrures

Sous l’enseigne du restaurant, vissée à la brique, trois chaufferettes fonctionnent à plein régime. «Ça ajoute quelques degrés et ça fait du bien», dit Martine Pelletier, l’hôtesse qui a pour tâche exclusive de s’occuper de la file pendant la fin de semaine. 

 

Un restaurant montréalais chouchoute sa file d’attente
MARIO BEAUREGARD/AGENCEQMI

 

Aujourd’hui, le vent sabote un peu le travail de ces réchauds. Heureusement, donc, que Régine dispose d’une vingtaine de doudous moelleuses: «Nos couvertures de fourrure synthétique réconfortent les gens», explique Kenny Lebreton, le gérant. Lors de ma visite, une douzaine de clients s’emmitouflent dans ces hermines ébouriffées. 

Thé et brioches

Chaque quart d’heure, environ, Kenny ou Martine offrent aux clients patients des plateaux chargés de tasses de céramique bien chaudes pleines de thé Earl Grey ou des bouchées de brioches maison à la cannelle. 

 

«Notre rêve serait un restaurant assez grand pour permettre d’attendre à l’intérieur, mais ce n’est pas le cas, alors nous essayons de rendre le tout plus agréable», commente le propriétaire, Pierre-Luc Chevalier. 

Parapluies et chaises

Près de l’entrée, un bac déborde de grands parapluies. Lors de pluie ou de neige fondante, ils gardent la clientèle au sec. 

«L’été, des parasols bloquent les rayons du soleil et une fontaine d’eau glacée parfumée aux fruits désaltère les gens», me dit Martine. 

Régine Café fournit des chaises aux femmes enceintes, aux aînés et aux gens en béquilles. 

Pierre-Luc Chevalier compte reproduire la «méthode Régine» à son nouveau restaurant de la rue Wellington, à Verdun, le Janine Café, lui aussi aux prises avec le «beau problème» de la file d’attente chronique.