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Deux personnes menottées pour rien dans une fête d’enfants

Khalil Abouabdelmajid, sa fille Zayane et son amie Jennifer Grout. Des musiciens dénoncent l’attitude des policiers qui les ont menottés pour rien à l’extérieur d’un café du Centre-Sud de Montréal où se déroulait une fête d’enfants dimanche.
Photo Dominique Scali Khalil Abouabdelmajid, sa fille Zayane et son amie Jennifer Grout. Des musiciens dénoncent l’attitude des policiers qui les ont menottés pour rien à l’extérieur d’un café du Centre-Sud de Montréal où se déroulait une fête d’enfants dimanche.

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Des parents musiciens dénoncent l’attitude des policiers qui les ont menottés à l’extérieur d’un café où se déroulait une fête d’enfants dimanche, une intervention inutile et choquante selon eux. 

«Ma fille n’a pas dormi de la nuit», dit Khalil Abouabdelmajid, 35 ans.  

Il raconte l’intervention «absurde» de policiers qui a été filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux hier.  

Ce musicien et agent d’artistes travaille au sous-sol du café Zoha, dans le Centre-Sud de Montréal. Le café avait été fermé pour accueillir une quinzaine de parents et d’enfants pour l’anniversaire d’un bébé.  

Trois policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) auraient reçu un signalement pour une fillette portant un manteau mauve et qui aurait été frappée par son père, racontent des témoins. Les policiers auraient aperçu Zayane, 9 ans, la fille de M. Abouabdelmajid, qui entrait dans le café pour aller rejoindre son père.  

Pour les témoins interrogés, il s’agissait d’une flagrante erreur sur la personne. La fillette revenait d’un spectacle. Une amie de la famille, Jennifer Grout, venait de la déposer et attendait toujours dans sa voiture avec sa propre fille.  

M. Abouabdelmajid dit avoir répondu à toutes les questions des policiers, présenté volontiers ses pièces d’identité et le contenu de son sac.  

La situation aurait toutefois dégénéré quand les policiers ont tenté d’éloigner physiquement la fillette de son père pour l’interroger à part, sans rien expliquer, dit-il.  

Séparée sans explication 

«Je ne comprenais pas ce qui se passait et je stressais», raconte la petite Zayane. À ce moment-là, elle se serait mise à pleurer et à crier.  

M. Abouabdelmajid aurait alors haussé le ton pour argumenter. «Je leur ai dit : arrêtez, vous l’effrayez [...] Comment voulez-vous que j’écoute autre chose que ma fille qui crie?»  

Les policiers l’auraient alors amené à l’extérieur du café pour le menotter. Jennifer Grout, qui était toujours dans sa voiture avec sa fille, est alors sortie pour intercéder en faveur de son ami, expliquant que Zayane avait passé l’après-midi avec elle et non avec son père.  

Deux policiers l’ont ensuite plaquée au sol pour la menotter à son tour, une scène qui a été filmée par les personnes qui étaient présentes dans le café. «J’essayais de leur expliquer que ma fille de trois ans était seule dans ma voiture, mais je ne pouvais pas respirer.»  

Relâchés 

Les policiers ont finalement relâché les deux musiciens sur place après une quinzaine de minutes, racontent les deux parents.  

Selon leur version, la fillette qu’ils recherchaient avait environ quatre ans, alors que Zayane en a neuf. Quant au père recherché, il était censé porter un manteau vert, et non brun comme celui de M. Abouabdelmajid.  

La propriétaire du café Zoha, qui a assisté à toute la scène mais préfère taire son nom, affirme que personne n’était agressif avec les policiers, d’où l’incompréhension des témoins. «Les policiers n’étaient pas du tout professionnels.»  

«S’ils s’étaient juste excusés, je ne serais pas là aujourd’hui [à raconter tout ça]», dit M. Abouabdelmajid, qui a maintenant l’intention de déposer une plainte en déontologie policière et de poursuivre le SPVM.  

De son côté, le SPVM n’a pas voulu commenter pour «ne pas nuire au processus d’analyse» de l’incident.