/opinion/blogs/columnists
Navigation

Je n’aime pas aimer

Coup d'oeil sur cet article

 Je prends prétexte de la Saint-Valentin pour faire mon coming-out. Je ne vous annoncerai pas que je suis bi, lesbienne ou queer, mais que je suis une jeune fille qui n’aime pas aimer.  

 Ça fait des jours que j’y pense et que je me questionne. Est-ce par peur ? Est-ce de l’évitement ? Rien de cela. Seulement le désir de vivre ma vie sans attaches.  

 Je pense à mes grands-mères et mes arrière-grands-mères. Ces femmes qui n’avaient pas d’autre choix, pour sortir du joug familial, que de se marier, souvent avec le premier venu.  

 Moi, je vis en appartement avec mes deux belles colocs d’amour. Je fréquente des garçons comme bon me semble sans leur promettre une progéniture. Les papillons que j’ai dans le ventre battent des ailes tels des éventails de possibilités.  

 « Coûts » de cœur  

 Le cupide Cupidon n’a pas réussi à m’atteindre avec sa flèche empoisonnée. J’aime être libre. Liberté et vie amoureuse ne font pas battre mon cœur au même rythme.  

 Je n’ai pas envie d’être « matchée » : dépendance affective, violence conjugale, iniquités au sein des couples. Quand on est contre la souffrance animale, on fait des choix alimentaires en ce sens, même chose pour l’amour. Je suis une végane du cœur.  

 Est-ce ma génération qui est égoïste ? Suis-je marquée par les valises que l’on transporte de chez papa à chez maman parce qu’ils sont séparés, tranchant aussi mon cœur de petite fille en deux ? Je ne crois pas, mais je me questionne.  

 Alors que plusieurs se regarderont dans les yeux en s’échangeant des fleurs et autres attentions du pays de Cupidon, moi je serai en tête-à-tête avec mes aïeules. Je voudrai rendre hommage à ces femmes pour qui l’amour avait souvent un goût de chocolat amer.  

 Jeudi, à la Saint-Valentin, les seules lèvres que j’embrasserai seront celles de la liberté.   

 ►Madeleine Pilote-Côté est diplômée de l’École nationale de l’humour. Elle a remporté notre compétition « Les novices », visant à faire connaître à nos lecteurs de nouveaux chroniqueurs d’opinions.