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Le gouvernement Legault voit l’environnement comme un problème, dit Marie Montpetit

Le gouvernement Legault voit l’environnement comme un problème, dit Marie Montpetit
Simon Clark/Agence QMI

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QUÉBEC – Le porte-parole d’Équiterre Sidney Ribaux juge «très inquiétant» que le ministre André Lamontagne ait associé certains fonctionnaires du ministère de l’Environnement à des ayatollahs.

«Ça démontre clairement une incompréhension de la réglementation qui est en place», a indiqué M. Ribaux, en entrevue à l’Agence QMI, lundi.

Le ministre d’André Lamontagne a laissé entendre samedi, lors d’un congrès de l’Union paysanne, que certains fonctionnaires du ministère de l’Environnement faisaient preuve de zèle en imposant des règles environnementales trop strictes en agriculture.

«Il va falloir qu’on s’assoie et qu’on trouve le moyen de sensibiliser les gens [au ministère de l’Environnement] – et je peux vous dire que là-dedans, il y a quelques ayatollahs, on s’entend là-dessus – pour voir comment qu’on peut accommoder [les petits producteurs agricoles]», a indiqué le ministre de l’Agriculture.

Selon le Larousse, un ayatollah est notamment une personne qui «qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose».

Scientifiques

M. Ribaux a également tenu à rappeler que les fonctionnaires du ministère de l’Environnement sont «des scientifiques qui ont en très haute considération le milieu agricole».

«Laisser sous-entendre que ces gens-là agissent sans fondement, ou abusent de règles, est faux: ce n’est vraiment pas le cas. On a besoin de règles plus strictes en matière d’agriculture et d’environnement, et non pas l’inverse», a-t-il ajouté.

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Du côté du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui représente notamment certains fonctionnaires du ministère de l’Environnement, on s’«offusque» des propos tenus par le ministre Lamontagne.

«C'est un jour triste pour nos professionnels qui se font traiter d'ayatollahs, alors qu'ils s'emploient à faire respecter les lois visant à protéger la qualité [...] de l'environnement», a commenté Richard Perron, président du SPGQ, par communiqué.

Roche dans un soulier

Pour la porte-parole libérale en environnement, Marie Montpetit, les propos du ministre Lamontagne démontrent que le gouvernement Legault voit l’environnement davantage comme un «problème» que comme un «objectif».

«Les propos qu’il a tenus sont symptomatiques de la CAQ, c’est-à-dire traiter l’environnement comme une roche dans un soulier», a-t-elle indiqué au micro de TVA Nouvelles.

La porte-parole de Québec solidaire en la matière, Émilise Lessard-Therrien, croit que le ministre Lamontagne devrait trouver des solutions auprès de son propre ministère au lieu de s’attaquer aux fonctionnaires du ministère de l’Environnement.

Diminuer les délais

Visiblement irrité par la question d’une journaliste, François Legault a refusé de condamner ou d’endosser l’association qu’a faite son ministre entre des fonctionnaires et des ayatollahs.

Cependant, personne ne devrait être surpris que la CAQ veuille réduire ces délais, estime-t-il.

«On ne parle pas de réduire les exigences, mais de réduire les délais», a-t-il commenté, en marge d’une annonce en santé, à Terrebonne, dans Lanaudière.

Avec la collaboration de François Cormier, TVA Nouvelles